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 i see you (aris)

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MessageSujet: i see you (aris)   Mer 12 Sep - 17:09

I see you
Aris & Niamh

Je me réveille très tôt ce matin là. J'ai déjà tendance à être une lève-tôt, mais cette fois, c'en est limite ridicule. En me redressant sur mon lit, je vois par la fenêtre que le soleil n'est même pas encore complètement levé. Je considère un instant l'idée de me recoucher, mais vu la nuit entrecoupée que je viens de passer, cela n'aidera probablement pas. Je soupire et pose mes paumes sur mes yeux un instant, avant de les frotter et de me lever d'un bond. Je n'ai fait que me tourner et me retourner dans mon lit toute la nuit et cela me rend folle. Après avoir mis la bouilloire en route, j'enfile un épais gilet en laine par dessus mon pyjama; à cette heure-ci, je doute croiser quelqu'un qui s'offusquerait de ma tenue. En attendant que l'eau soit prête, je repense aux choses qui m'ont tenue éveillée cette nuit et soupire à nouveau en basculant la tête en arrière. Une seule raison à mes insomnies, finalement : Matthew. J'en ai l'habitude, cela fait cinq ans que j'y pense tous les jours et toutes les nuits, ne serait-ce que quelques secondes. Mais cette fois, c'est différent. Cette fois, il n'est pas que le lointain souvenir de mon meilleur ami. Cette fois, il est bien réel et là. Ici, à Ostrov, entre ces mêmes murs que moi. Après toutes ces années à penser à lui, j'aurai pensé qu'une fois que je l'aurais retrouvé, je pourrais enfin dormir. Que tout rentrerait dans l'ordre. Malheureusement, une fois encore, le monde parfait des Bisounours n'existe que dans les dessins animés. J'ai bien retrouvé Matthew, certes, mais il est loin d'être toujours mon Matthew. Matty. Et cette fois, mon esprit n'a pas divagué en se demandant où il était, ce qu'il était devenu, s'il était toujours vivant. Maintenant que je sais qu'il est patient en chair et en os dans ce sinistre endroit, mes pensées sont plutôt portées vers notre dernier échange - le premier en cinq ans, quelques jours plus tôt seulement. Je suis embrouillée par le fait de voir à quel point il a changé, à quel point il sera dur de retrouver le Matty que j'aimais, mais aussi à quel point son retour affecte d'autres aspects de ma vie. Notamment ma relation de couple. Je n'ai pas rappelé Conor depuis qu'il a essayé de me joindre en pleine consultation avec Matthew, ni après aucun de ses autres appels, pour dire vrai. Et pourtant, mon portable n'a cessé de vibrer. Il a même dû faire part de son inquiétude à ma mère, qui a elle aussi usé du combiné à maintes reprises, sans plus de succès. Je grimace en l'imaginant débarquer sur l'île faire un scandale en demandant ce qui est arrivé à sa fille. Encore plus en imaginant Conor arriver ici et faire la rencontre de Matthew. En me promettant d'appeler mes proches aujourd'hui, je glisse un sachet d'English Breakfast dans mon thermos, y verse l'eau chaude et attrape mon écharpe dans l'autre main avant de quitter ma chambre, prête à affronter le froid déjà glacial de l'automne sur l'île.

Je laisse mes jambes me porter où bon leur semble, toujours perdue dans mes pensées. Je n'en sors que lorsque je manque tout juste de me retrouver les fesses par terre après avoir glissé sur un petit carré de terre boueuse. Étonnant puisque malgré le froid, l'air est sec et il n'a pas plu. En relevant la tête, je remarque que j'ai marché jusqu'aux falaises, à plusieurs centaines de mètres de l'établissement. Je souris légèrement, impressionnée par la force de ma pensée. J'ai toujours aimé les falaises, bien que je n'aie jamais vécu proche d'aucune, et j'y pensais justement à ce moment précis. Les falaises irlandaises me manquent, et même si celles-ci ne leur arrivent pas à la chevilles, elles se défendent bien. Je resserre mon gilet autour de moi, et sirote mon thé paisiblement en me laissant bercer par le bruit des vagues qui s'écrasent en dessous et celui du vent qui bat dans mes cheveux. Même si mes tourments persistent, je me sens bien : j'ai l'impression d'être à la maison.

Je suis tirée de ma rêverie par un craquement derrière moi. Persuadée d'être seule ici à cette heure si matinale, et habituellement un peu peureuse, je sursaute et me renverse un peu de thé dessus. N'y prêtant aucun attention, je me retourne et reconnais un membre du personnel d'Ostrov. Grand, mince, les cheveux noirs encadrant son visage aussi pâle que le mien (comme je l'apprendrais à force d'années passées à Ostrov, bien que ce ne soit pas ici qu'on bronze le plus, les Irlandais et les Anglais se démarquent toujours pas leur teint immanquablement plus clair que celui de tous les autres), il me semble qu'il est garde, mais je n'ai pas eu souvent à faire à lui. Remise de ma surprise, je lui offre un sourire. "Bonjour. Je ne m'attendais pas à croiser quelqu'un ici à cette heure..!" Son visage est plutôt fermé, assez peu expressif mais impressionnant. Cela pourrait paraître bizarre de se trouver aussi loin du bâtiment à cette heure-ci, seul avec une jeune femme clairement incapable de se défendre contre lui. Mais je n'y pense pas une seconde, me disant simplement qu'il doit être dans une situation similaire à la mienne. S'échapper du sentiment d'enfermement, s'évader dans ses pensées et se retrouver téléporté à des centaines de kilomètres d'ici.

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MessageSujet: Re: i see you (aris)   Dim 16 Sep - 22:21

I see youNiamh & Aris ( The Dubliners → The Wild Rover )

La nuit touche à son terme. Les longues heures de ronde également. Aris a pris son poste tôt la veille et doit bientôt passer la relève. Les premières touches de couleur nimbent le ciel de rose et de bleu alors que les étoiles disparaissent à l’horizon. Il est rare que les nuits soient aussi calmes à Ostrov. Et pourtant, ce fut le cas cette fois. Pour s’assurer de ne pas être dérangé, il était allé vérifier que les chambres de tous les patients étaient bien fermées. Pepperpot est bien gentil, mais son étourderie maladive a valu plus d’une fois à ses collègues de rattraper ses conneries. Hors de question que cela se produise à nouveau. Pas sous sa surveillance. En revanche, il n’a croisé aucun membre du personnel, à part Howard à son poste en salle de surveillance des écrans. Puisque leurs allées et venues ne peuvent pas être contrôlées comme pour les patients, c’est une chose plus rare. Mais agréable. Cela n’amuse plus vraiment le garde de courir après tout le monde.

Mais une nuit aussi calme implique aussi de l’ennui. Alors même s’il apprécie les tours de ronde pour se dégourdir les jambes et attraper un potentiel patient en cavale, ce sont parfois de longues heures d’attente. Il n’est pas comme ceux qu’il doit appeler collègues mais qui préfèrent jouer aux jeux-vidéos sur leur game boy ou attendre l’heure des pornos pour rejoindre la salle de pause. Non, Aris met un point d’honneur à ne pas faire son boulot de travers. Comment pourrait-on gérer une maison de fous sans un minimum de discipline ? La mutinerie d’octobre a suffit à montrer que certains ne se gêneraient pas pour prendre le pouvoir à la moindre démonstration de faiblesse. Comment les blâmer… Il en avait toujours été ainsi. L’homme aux cheveux de jais repensa un instant aux gangs à Dublin. Au bazar que son départ avait du mettre pour les quelques uns qui n’avaient pas été attrapés. Et à la prise de pouvoir qui avait du suivre très rapidement par un autre gang du Northside.

L’irlandais ouvre la porte du bâtiment principal. Le vent froid qui souffle déjà le tire de ses pensées. Malgré son sang chaud et son habitude de trainer dehors la nuit par des températures proches de zéro, il apprécie sa veste. Le parc est toujours l’endroit par lequel il finit ses rondes. C’est le moment où il l’apprécie le plus. Même lorsqu’il y fait froid, même lorsque l’herbe est couverte de neige. C’est un lieu paisible dans l’ensemble, et on dirait que la folie ambiante n’y a pas de prise. Même lui y est sensible. C’est tout de même curieux. Un hôpital psychiatrique aussi lugubre… aussi malsain, qui se trouve sur une île aussi… paisible. La mer, les falaises, la forêt, le jardin. Comme dans une ville côtière classique. Sauf que ça ne l’est pas. Parce qu’à chaque coin de couloir on peut tomber sur deux femmes prêtes à s’entre tuer, sur un homme hurlant à la mort à cause de visions qui hantent son esprit. Oh il n’a pas de pitié pour eux. Il n’en a jamais eu pour personne. A quoi bon de toute façon ? Avoir de la pitié, ou toute autre forme de sentiments… C’est l’apanage de ceux qui ont un point faible.

Il avance. Il a encore le temps pour faire le tour, il n’est pas à cinq minutes près pour faire le bilan à celui qui prend la relève. De toute façon, au moindre soucis, il a toujours sa radio de service. A sa grande satisfaction, le parc est vide. Personne près de la chapelle, ni à la lisière de la forêt ou dans la serre. Il continue. Quelques oiseaux commencent à chanter, accompagnés par le bruit du vent dans les branches. Très bucolique. La vision qu’il a maintenant l’est aussi. A quelques dizaines de mètres devant lui se dresse une silhouette, face à la mer. Digne d’un tableau de Friedrich. La jeune femme se tient là, non loin du bord de la falaise, les cheveux flottants aux vent. La mer, un peu agitée, et la ligne d’horizon marquée par les côtés irlandaises dans le ciel devenu plus clair. Franchement, on dirait une carte postale. A un détail près. Aris ignore s’il s’agit d’une patiente ou non.

Alors, lentement, il s’approche de la silhouette. Il essaye de ne pas faire de bruit pour ne pas que la jeune femme prenne la fuite. S’il s’agit d’une patiente, ce serait la réaction la plus logique. Arrivé à quelques pas d’elle, un craquement se fait entendre. C’est la radio qui grésille bruyamment, avant de s’interrompre. Surement une fausse alerte ou un message mal enregistré. La silhouette se retourne, dévoilant son visage. Ce n’est pas une patiente. C’est le docteur O’Callaghan. Bien matinale… Une compatriote. Aurait-il eu le moindre doute sur ses origines que celui-ci aurait été immédiatement levé par l’accent qui l’accueille. Si son visage est ouvert et souriant, celui du garde aux cheveux corbeaux la dévisage, d’un regard sévère. Maintenant assuré qu’il ne s’agit pas d’une patiente en cavale, il se détend un peu. Cela ne doit pas vraiment se voir, puisqu’il conserve son air fermé, mais ses sens, alors en alerte, se relâchent. Il s’approche d’elle, d’abord sans lui adresser un mot. L’observant attentivement, il constate qu’elle est encore en pyjama. Ses cheveux ne sont pas coiffés et une tâche de thé macule son haut. Elle est très différente du personnage qu’il croise régulièrement dans les couloirs.

« Moi non plus. » Finit-il par répondre, sans s’encombrer du traditionnel « bonjour ». Il aurait pu lui faire remarquer qu’il n’est pas très prudent de se promener comme ça, seule par ici. Mais à quoi bon ? Elle est grande, s’il lui arrive quelque chose, tant pis pour elle.

Il reporte son attention sur la vue qui lui fait face. Une nappe de brume semble cacher les falaises irlandaises de l’autre côté de la mer. Mais en observant bien, elles sont tout de même visibles. Aris n’a jamais été très attaché à l’Irlande, ni même à sa ville natale. Mais un instant, la question d’un potentiel retour chez lui, un jour, se présente à son esprit. La réponse est évidente bien entendu. Aux vues de son passé, il vaux mieux pour lui qu’il ne remette jamais les pieds là-bas. Ces pensées lui rappelèrent que la jeune femme est toujours à côté de lui.

« Vous n’êtes pas dublinoise… » Ce n’était pas vraiment une question. Il avait reconnu l’accent de l’Île d’Emeraude, mais pas celui de cette ville sinistre. C’est la première fois qu’ils s’adressent véritablement la parole. Echanger des banalités est probablement le meilleur début possible.

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MessageSujet: Re: i see you (aris)   Ven 21 Sep - 12:54

I see you
Aris & Niamh

D’aucun penseront certainement que je suis inconsciente de me promener dans un lieu aussi reculé sur une île abritant un hôpital accueillant certains des plus dangereux patients connus. Pour être honnête, l’idée ne m’a pas traversé l’esprit ne serait-ce qu’une seconde. Qui s’attendrait à me voir ici à une heure pareille, dans tous les cas ? Ce n’est pas comme si j’en avais fait un rituel quotidien. Bercée par les bruits de la nature sauvage et indomptable autour de moi, je laisse mes pensées divaguer et suis heureuse de les voir s’éloigner de ce qui m’a tenu éveillée toute la nuit ; si d’habitude penser à mon pays natal m’amène inéluctablement à penser à Matty, cette fois seules les images des grands près verts, des lacs noirs et du ciel gris incroyablement clair me viennent à l’esprit et j’en souris. Je n’avais pas encore eu le mal du pays depuis mon arrivée, mais ça y est. Je ne suis pas malheureuse ici, mais les longues promenades à rire lorsque mon chien prenait en chasse les moutons, les soirées passées au pub du coin à boire, chanter et danser et les discussions en irlandais avec les doyens du village m’expliquant à quel point tout était mieux avant me manquent soudainement.

Même si je doute pouvoir partager ma nostalgie avec Aris, qui me frappe plus comme quelqu’un de peu loquace, je trouve un peu de réconfort dans le fait de ne pas être la seule Irlandaise en territoire voisin – je n’ai pas dit ennemi, mais l’éternelle inimité entre les Anglais et leurs voisins anglophones est aussi réputée que celle envers les Français. J’imagine mal Aris et moi nous serrer les coudes dans les coups durs au nom de notre patrie commune, mais je me souviens à mon arrivée avoir été contente de le savoir ici. Je dois bien avouer qu’il m’a intrigué, sombre, discret et un peu inquiétant qu’il est, cela a évidemment piqué ma curiosité. Mais je n’ai jamais eu l’occasion de lui parler, ou même de le revoir depuis ce jour – à l’exception de petits signes de tête polis les rares fois où nous nous croisons dans les couloirs. Il ne sera sans doute pas très enclin à un interrogatoire complet, il faudra ainsi que je contienne mes ardeurs, mais cette rencontre de fortune ce matin me réjouit.  Econome dans ses paroles, il observe lui aussi longuement les falaises irlandaises qui nous font face au loin. Elles paraissent si proches et pourtant si loin.

Sa question – qui n’en est pas vraiment une mais plus une observation – me fait sourire. Trahie par ma propre bouche. Non pas que j’ai honte de mes origines ou que j’aie préférée être Dublinoise. Mais d’habitude, les gens sont à peine capables de distinguer de quel pays je viens lorsqu’ils m’entendent parler. "Non, effectivement… Je suis née à Dublin, mais je n’y vécu que pour mes études supérieures. Je suis une fille de la campagne… County Westmeath." Inutile d’en dire plus. Même si l’Irlande est un petit pays, une ville aussi petite que Baskin ne dirait sûrement rien à mon compatriote. Lui, cependant, parle avec un accent des plus reconnaissables pour quiconque a passé un peu de temps à Dublin : celui de ceux que l’on appelle knackers, les résidents des quartiers pauvres de la capitale. Bien sûr, je garde cette observation pour moi-même quand je lui retourne la question. "Vous, par contre… Un vrai Dublinois, je me trompe ?" La tête toujours tournée vers l’horizon, je l’observe furtivement du coin de l’œil. Je sais qu’il a dans les trente ans – cela a dû être mentionné à un moment ou un autre un jour – et pourtant il en paraît plus ; les traits tirés, le visage marqué, les yeux sombres, je me demande ce qu’il a bien pu vivre dans le passé pour que cela se reflète physiquement. Voilà ma curiosité piquée à vif une nouvelle fois mais je n’en fais rien.

Portée par ma nostalgie, j’ai envie de dire quelques mots en Gaeilge mais je doute qu’il les comprenne, la langue étant peu parlée à Dublin et ma prononciation laissant à désirer. A la place, je tente une question des plus banales pour continuer de bavarder. "Si vous me permettez… Que faisiez-vous avant d’arriver à Ostrov ?" Pas mal de gardes ici sont d’anciens militaires ou membres des forces de l’ordre, et je me demande si Aris n’était pas un de nos fameux Gardai à une époque.

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MessageSujet: Re: i see you (aris)   Dim 23 Sep - 23:48

I see youNiamh & Aris ( The Dubliners → The Wild Rover )
Les côtes semblent lointaines et proches à la fois. Sur une île perdue au milieu de la mer, voir un point de repaire connu peut sembler un peu rassurant. Et angoissant à la fois. Parce qu’il est loin, que tout cela est inaccessible. De l’autre côté de l’île, ce sont les côtes anglaises que l’on voit. Un peu moins impressionnantes avec leurs falaises moins hautes et moins sauvages. Il n’en reste pas moins qu’elles peuvent développer des sentiments contradictoires chez les pauvres âmes qui résident maintenant sur cette île. Chez n’importe qui. Du moins, ceux qui savent ce qu’est un sentiment. Ceux qui en ont déjà fait l’expérience. Aris n’en fait pas partie. Il observe ces falaises sans ressentir de nostalgie ou de mélancolie. Ce n’est qu’un lieu. On s’y attache par superficialité ou parce qu’on y a passé de bons moments. Lui, n’est ni superficiel, ni enchanté de se souvenir de son passé. Ce n’est pas comme s’il avait beaucoup changé d’ailleurs. Ses penchants sont toujours les mêmes, mais il a ici une ressource assez impressionnante et intéressante de victimes potentielles… Néanmoins, il n’a rien en mémoire qui s’apparente à de « bons » souvenirs. Ni ici, ni sur les côtes irlandaises, et encore moins sur les falaises anglaises.

Alors qu’il se perd à cette contemplation silencieuse, la jeune femme lui répond. Il n’attendait pas de réponse, mais elle semble volontaire pour faire la conversation. Il n’est vraiment pas du genre à étaler sa vie, surtout devant une psychiatre. Certaines personnes lui ont déjà conseillé d’en consulter, au sujet de ses… pulsions. Il ne se considère pas comme fou ni même dérangé. Mais il sait bien qu’il n’est pas comme tout le monde. Alors quand elle lui dit d’où elle vient, il ne répond rien. County Westmeath… Un comté au coeur des terres irlandaises. Il n’y a jamais mit les pieds. A vrai dire, il n’a guère vu grand chose de son pays natal. La sombre ville de Dublin, et notamment les quartiers nords, ont occupé la plus grande partie de sa vie. Il est allé une fois à Derry et une autre à Cork. Le reste de ses voyages se résume à son expatriation en Angleterre. Aussi la question du docteur l’amuse. Oui, un vrai Dublinois, un vrai de vrai même. Mais il ne se charge ni d’un rire, ni d’un sourire. Sa seule réponse tient davantage du grognement que de la parole. Il n’a clairement pas envie d’entrer dans les détails comme elle l’a fait. Moins les gens en savent sur lui, mieux il se porte. En revanche, plus il en sait sur les autres, plus ça l’arrange. La voilà, la raison de son silence. Il écoute, il enregistre les informations, mais il ne veut pas qu’on en fasse de même pour lui.

Finalement, il estime que le lieu est suffisamment agréable pour rester un moment. Le lever de soleil est de l’autre côté de l’île, mais il peut tout de même observer les couleurs changer dans le ciel. Doucement, il s’assoit dans l’herbe et fouille dans la poche de son treillis pour en sortir son paquet de cigarettes. Son stock de Lucky Strike est bientôt épuisé, il faudra qu’il en touche deux mots aux passeurs la prochaine fois qu’ils amèneront un patient… Restant silencieux, le garde en sort une du paquet, la porte à ses lèvres et l’allume. Niamh lui pose alors une autre question. Celle-ci lui arrache un sourire, accompagné par un son proche du rire. Il ne sait pas trop d’où lui vient cette question, et il ne sait pas vraiment quoi répondre. C’est bien la première fois qu’on la lui pose depuis son arrivée sur l’île. Si lui n’aime pas évoquer son passé, il est rare de croiser des personnes qui s’y intéressent et le questionnent… Et c’est mieux comme ça. De toute façon, que peut-il répondre ? « J’étais à la tête d’un gang et je tuais des gens pour le plaisir. » Idéal pour mettre un terme à la conversation. Non. C’est le genre de réponse qu’il garde pour les infirmières qui l’agacent et qu’il veut être sur de faire fuir. Le docteur O’Callaghan n’a encore rien fait qui mérite une réponse aussi désagréable. Alors il lui tend le paquet de cigarette, la questionnant du regard, avant de répondre.

« Des choses peu recommandables. Vous êtes intelligente, vous ne voulez pas savoir. » Il prend une bouffée de cigarette et lui retourne la question, assez vite pour éviter qu’elle ne lui en pose plus elle-même. « Et vous, c’est un rêve de petite fille, de vous retrouver sur une pile perdue au milieu de la mer, entourée de patients prêts à vous tuer à chaque coin de couloir ? » Après tout, elle est plus jeune que lui. 26 ans ou quelque chose comme ça si son dossier dit vrai. Il doute qu’elle ait eu le temps de faire grand chose de plus que ses études avant d’arriver ici.
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