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 Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore

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MessageSujet: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Mar 3 Juil - 2:16

 

Padre Nostro che sei nei cieli
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Théodore ϟ Pietro .

Il y a bien longtemps qu'il regarde l'édifice au font du parc sans jamais faire un pas de plus vers l'endroit. Parce qu'il y a bien longtemps que son cœur a été capable de ressentir quelque chose comme de la foi pour la puissance supérieure. Parce que cette puissance supérieure l'a regardée lorsqu'il est né et a décidé que finalement il serait pourri toute sa vie. Que toute sa vie serait un enchaînement d’échecs. La puissance du seigneur n'a jamais semblé vouloir l'aider. Et pourtant il a cru en lui. Oh que Pietro a pu croire en Dieu. Jusqu'à ce qu'il lui retire les deux princesses qu'il avait pour enfant. Ce jour là il a arrêté de croire.
C'est étrange lorsqu'il y repense. Sa famille catholique, toujours très adroite dans leurs prières. Et pourtant aucun rejet envers Pietro lorsqu'il leur a parlé de cette femme qu'il avait mis enceinte sans épouser. Ou lorsqu'il a parlé de sa pansexualité. Ou lorsqu'il a apprit que l'enfant n'était pas le sien. Jamais lorsqu'elle a rencontrée Jay. Il a perdu la foi tout seul, sans avoir besoin de l'aide de personne. Elle s'est éteinte comme un cierge en fin de vie. La bible du salon a finie à la cave avant de rejoindre la benne et plus jamais il n'a porté de croix autour de son cou. Ce qui n'est une surprise pour personne.

Aujourd'hui il est tout seul, une nouvelle fois, se tient tout de même loin de la bâtisse. Est-ce qu'il a peur qu'elle tente quelque chose? Comme si le vieux bâtiment lui faisait plus peur que ce qu'il pouvait y avoir à l'intérieur. Mais à l'intérieur il y a des choses tout aussi angoissantes. La longue allée froide, les cierges allumés, menaçant dans un coin de la pièce, le sourire figé des vitraux, l'enfant du dieu, crucifié. Tout a le don de l'effrayer maintenant. Et si celui de là-haut le regarde à présent, jugeant son comportement trop mauvais pour celui d'un de ses enfants? Et s'il ne s'occupe par bien de ses filles, s'il les a laissé franchir les portes des enfers. Oh qu'il ne sait quoi croire.

Alors Pietro fait un pas vers le bâtiment, sans trop savoir ce qui le pousse a être aussi audacieux. Peut-être parce que personne n'est autour, personne ne le regarde faire un pas vers le bâtiment caché derrière le parc. Ou peut-être parce que le nouveau prêtre pourrait l'aider? Est-ce qu'il croit réellement qu'un prêtre pourrait l'aider à sortir de cette passe noire et sombre. Pan ne croit plus au dieu réparateur. Il croit à celui qui est pourri jusqu'à la moelle, qui ne semble vouloir aidé ses brebis égarées.

Il fait un autre pas en avant. Les portes de bois se rapprochent dangereusement. Peut-être que si, finalement elles décident de l'avaler pour l'emmener vers un créateur en colère. Parce qu'il ne eut être content du comportement mauvais que possède le médecin depuis quelques temps. Autre pas. Il passe les portes dans le silence le plus complet. L'allée est bien froide, les cierges brûlent bien, les sourires sont bien figés. Et le Christ est bien crucifié. L'air passe difficilement dans ses poumons. Qu'est-ce que Pietro fait ici? 




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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Ven 13 Juil - 16:20



Padre Nostro che sei nei cieli


Théodore posa sa main sur la pierre froide. Dans un soupir, il se dit que décidément, cet endroit était bien trop triste. Un instant, il se remémora les églises entièrement peintes qu’il avait pu voir en Italie ou dans différentes régions en France. Bien souvent, les peintures dataient du Moyen-âge et n’était que très mal conservées. Mais il avait toujours trouvé que les couleurs, des murs comme des vitraux, allaient beaucoup mieux à ce genre de lieux que le gris terne et froid de la pierre. Il n’avait jamais été partisan de l’austérité. Les lieux de cultes étaient supposés inspirer la foi, l’espoir… pas la mort et la mélancolie. Le prêtre s’était d’ailleurs souvent opposé à des collègues ou des supérieurs sur ce sujet. C’était le gros soucis avec la branche catholique de l’Eglise. On leur imposait une vie austère, à tous points de vue.

Sortant de ses pensées, le grand brun laissa sa main retomber le long de son corps. Même lui, dans son costume noir, se fondait tristement dans la pierre. Le seul élément qui tranchait un peu, au-delà de ses yeux bleus, était son col romain.

Il allait falloir profiter de l’été pour faire quelques changements dans cet endroit. C’était le moment idéal pour donner un petit coup de peinture sur les murs froids de la chapelle. Peut-être réussirait-il à convaincre quelques patients de l’aider ? Il avait déjà entendu parler de la thérapie par l’art après tout, mais n’y connaissait rien. En tout cas, rien ne lui ferait plus plaisir que de voir quelques personnes s’activer pour donner une nouvelle vie à cet endroit. Il irait vite demander si cela était possible, et puis il prierait pour que le projet soit accepté.

Ramené à la réalité par le bruit des portes, Théo se retourna. Quelques pas résonnèrent, emplissant le choeur d’un écho étrange, avant de s’arrêter net. De ses yeux clairs, il observa le nouvel arrivant. Pas très grand, brun, une barbe, des lunettes, et surtout une élégance vestimentaire indéniable. C’était un médecin de l’hôpital. Quel était son nom déjà ? Il l’avait retenu moins facilement que les autres membres du personnel, car il ne l’avait jamais entendu. Blanco ? Bianco ? C’était ça. Panebianco.

Quelques secondes d’observation supplémentaire l’aidèrent à déterminer s’il fallait aller vers lui ou non. Les membres du personnel ne venaient que rarement ici. Comme s’ils considéraient que Dieu ne pouvait rien pour eux. Qu’ils n’avaient rien à lui dire. Pourtant, le médecin ne semblait pas étranger à cet endroit. Il avait juste l’air très mal à l’aise, crispé. Comme si chaque chose sur laquelle son regard se posait lui faisait peur. Comme il était seul, il était surement là de son plein grès, contrairement aux patients que l’on emmène aux offices sans leur demander leur avis. Et en même temps, il n’avait pas l’air ravi d’être entré.

Alors, arborant un sourire qu’il voulait rassurant et doux, le prêtre s’avança de quelques pas vers lui. Il ne voulait pas empiéter sur son espace personnel et le brusquer, alors il resta à bonne distance. « Buongiorno Signor Panebianco » commença-t-il pour l’accueillir. « Pardonnez mon mauvais accent, je n’ai que quelques bases, assez fragiles je l’avoue, en italien… ». L’homme semblait un peu perdu, et Théo se disait que pour le rassurer puis le guider, il valait mieux entamer la conversation de façon amicale. S’asseyant sur le banc le plus proche, il continuait à fixer le nouvel arrivant, son sourire doux accroché aux lèvres, comme pour l’inviter à en faire de même.


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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Jeu 16 Aoû - 17:17

 

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Théodore ϟ Pietro .

Pour de ce qu'il avait vu en Italie, les églises étaient similaires. Du moins il n'en avait pas fréquenté un grand nombre. Seulement trois. Jamais il n'a voulu remettre les pieds dans une église sur le sol américain et en revenant en Italie sa mère l'avait forcé à remettre les pieds dans la même église que celle de son enfance. Quelle ironie d'ailleurs. Il y avait toujours le même vitrail, toujours la même odeur de vie, la même sensation désagréable. Il n'arrive pas à oublier la vieille pierre de son église. Mais celle-ci, hm, cette église elle est bien plus sobre que celle qu'il a vu autrefois. Elle est plus froide aussi. Comme si les murs portaient déjà le lourd poids du vécu des patients. Oh Pietro pouvait imaginer un nombre de choses qui s'étaient certainement passer entre ces murs froids. Il pouvait imaginer beaucoup trop de choses d'ailleurs. Son esprit s'embrumait d'idées sombres du lieu. Trop de choses. Brûle. Esprit mauvais, complet.

Sa main tremble lorsqu'il la pose sur le banc en face de lui. Les bancs sont différents de ceux qu'il voit d'habitude en Italie. Le bois remplace le marbre, pas que ce ne soit plus mal. Le froid n'arrache peut-être pas la peau, n'oblige pas à se dandiner pour chercher de la chaleur. La pierre frotte contre les mains, tandis que le bois apporte une autre sensation, un peu plus chaude pour l'homme. Il est encore dans ses pensées, à jauger le bois lorsque la voix lui fait remonter le regard. Elle est doucereuse, comme il n'en entend plus beaucoup et pendant quelques instants il a presque envie de lui répondre. Avant que ne revienne la terreur qu'il a dans l'estomac lui bloque la bouche. Alors il regarde les lèvres de l'autre, envieux de pouvoir lui répondre par la parole. Les mots prononcés prennent quelques instants pour faire leur chemin jusqu'à l'esprit du médecin. Pan secoue doucement la tête. Comme si une simple erreur pouvait être considérée comme délicate.

Le brun offre un fin sourire avant de tirer l'ardoise de son flanc et de repousser ses lunettes sur le nez. Il tient le bouchon du stylo entre ses dents tandis que le stylo parcourt l'ardoise de son écrire fine. « Buongiorno Padre. Je suis incapable de parler français lorsque vous avez les bases en italien, c'est un bon début. » Le médecin ne se sent pas obliger de raccourcir ses phrases. Pas face à l'homme. Certes l'endroit le met mal à l'aise au même point que le col qui s'échappe de la... "robe"? du prêtre, mais c'est un simple travail de bon sens, de politesse.

Quelques secondes de silence avant que Pietro n'efface ses paroles sur l'ardoise pour y écrire quelque chose. Qu'il efface aussitôt. Incapable de savoir comment prononcer sa pensée sans avoir l'air offensif. Il a quelque chose contre cette relation parce qu'elle ne lui a jamais rendu ce qu'il avait donné. Le médecin sourit nerveusement à l'homme assit sur le banc. Il regarde d'ailleurs l'autre banc pendant quelques instants, il devrait s’asseoir, très certainement, mais la pression de l'endroit est énorme. Pan préfère rester debout, prêt à partir à tout moment, à prendre ses jambes à son cou si Dieu décide de faire une apparition dans son propre royaume.

« Les murs sont froids, vous n'avez pas froid Padre? » Comme si la question a beaucoup de valeur. Quelque part elle transporte un message caché. Les murs transportent beaucoup d'histoire, ne vous sentez-vous pas trop seuls pour porter toutes ces histoires Padre? Mais ça Pietro ne peut le dire à voix haute. Parce qu'il respecte l'autre mais aussi parce qu'il a peur des conséquences. Comme si l'autre homme allait décider de le virer de ce pas de l'église pour une question trop personnelle. Est-ce que ce serait la pire chose qui pourrait arriver à Pan? Hm?




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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Mar 21 Aoû - 20:29



Padre Nostro che sei nei cieli

Le médecin observait le prêtre, et vice versa. Un silence suivit la courte déclaration. Théo avait l’habitude de ces silences lorsqu’il essayait d’engager la conversation avec quelqu’un. Comme s’il impressionnait les autres. Comme s’ils ne savaient que lui répondre. Il pouvait comprendre que sa fonction en intimide plus d’un… mais lui même n’était pas très impressionnant. On lui avait même souvent dit que quelque chose le rendait plutôt sympathique. C’était contradictoire avec ce silence qui semblait imposé aux autres.

Mais ici, le jeune homme comprit rapidement que ce n’était pas tout à fait comme d’habitude. Le docteur Panebianco attrapa une ardoise accrochée à sa ceinture et commença à écrire dessus. Un instant, il se remémora les rares fois où ils s’étaient croisés. Il n’avait jamais entendu le son de sa voix. Même à la cafétéria, avec quelques collègues, il restait toujours silencieux. Peut-être était-il muet… le père Théo se sentit un peu bête en imaginant qu’il était sourd également. S’il l’avait su, il aurait engagé la conversation en langage des signes. Il était d’ailleurs plus compétent dans cette « langue » qu’en italien. A la fac, il avait prit le module langue des signes en parallèle de sa licence d’anglais. Être capable de communiquer avec le plus de monde possible était quelque chose qui lui tenait réellement à coeur. Et par chance, les langues étaient vraiment son point fort. Visiblement, c’était également le cas du médecin. Connaissait-il l’anglais et le français aussi bien que sa langue maternelle ? En tous cas, ses écrits laissent penser qu’il est prêt à discuter. Et qu’il a très bien entendu ses paroles. Nerveux, mais pas fermé. Ses yeux se posent sur le banc d’en face, sans pour autant qu’il s’y assoit. Comme si l’homme n’était venu qu’un instant, sans intention de rester.

Et pourtant, loin de s’en aller, le brun se remet à écrire sur son ardoise. Il semble hésiter, ne pas être sur de lui. Comme si la question pouvait fâcher ou sembler bête… Mais finalement, c’est une question inattendue qui s’affiche sur l’ardoise. Quelque chose que personne ne lui a jamais demandé. Dont personne ne s’est jamais soucié, ni ici, ni en France. Pas très sûr de saisir le sens de cette phrase, Théodore observe attentivement les traits du docteur. Comme si son expression allait lui donner un sens caché. Ce n’est pas une question anodine et il ne la pose pas dans le sens commun. Ce n’est pas comme s’il voulait dire « il fait -15°, vous voulez un pull ? ».

Regardant alors son interlocuteur, le prêtre lui sourit à nouveau. Il s’efforce de lui répondre de la façon la plus juste possible, selon ce qu’il a comprit. Et surtout, en langue des signes. Ses cours sont lointains, mais il mobilise sa mémoire pour signer d’une façon correcte. Si Panebianco est déjà mal à l’aise, il ne faudrait pas faire une erreur de traduction.

« C’est un endroit assez froid oui, assez… » Il hésite sur le signe qui correspond à ce mot « Austère. Mais… ce qui compte, ce n’est pas le lieu. Ce sont les gens qui viennent. La chaleur qui fait défaut à une église comme celle-ci se trouve ici, et là » Les signes « ici » et « là » consistent à placer successivement sa main sur son propre coeur et à désigner ensuite celui de Pietro. Depuis toujours, le français compte sur ceux avec qui il échange pour faire vivre les lieux de culte. Pour lui, ce ne sont que des batiments, bien trop froids et sombres. Quelques moments de la journée rompent avec la monotonie des lieux, mais ils sont rares. Lorsque le soleil perce par les vitraux et dessine les motifs colorés sur le sol. Lorsque les flammes dansent sur les cierges placés là. Lors de l’office du dimanche matin, quand la chapelle est occupée par plus de personnes qu’à l’accoutumée.

« Mais, je nourris l’espoir de donner un peu plus de vie à cet endroit dans les semaines à venir… Un petit coup de peinture aiderait peut être un peu.. » reprend-il machinalement à l’oral, en anglais. Ses yeux se tournent sur le médecin, l’interrogeant du regard. Il espère que c’était là le sens de la question. Si la réponse semble un peu naïve, et Théo en a conscience, elle est néanmoins sincère.


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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Dim 2 Sep - 21:01

 

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Théodore ϟ Pietro .

Il se sentit bête d'un coup. Quelle question ridicule. La même sensation qu'avant. Le rouge lui monte aux joues. Être ridicule semble presque être une deuxième nature pour l'homme. Lorsqu'il était enfant et qu'il parlait plus que n'importe qui alors là c'était facile de ne pas avoir honte, parce que tout ce qu'il disait pouvait sembler honteux. Maintenant lorsque l'on ne parle plus, que même sourire devient compliqué, alors c'est plus simple d'être victime de la honte. Il a beau être bien habillé, embrasser son côté italien à la perfection... Rien ne fait l'affaire.

Sa gorge le gratte, est-ce la poussière ou l'étrange sensation de ne pas être à sa place ? Le médecin n'a pas de réponse à cette question et il se gratte la gorge nerveusement, signe une excuse pour le seul bruit que les autres entendent de sa bouche. Pan fuit le regard de son père. Quel phrase. Il fuit le regard d'un homme qu'il devrait appelé père alors que cet homme est plus jeune que lui. C'est bizarre, c'est la religion, celle qui ne lui parle plus depuis que le dieu, le supposé clément qui veille sur ses enfants, n'a pas sauvé les siens, les a laissées mourir alors qu'elles n'avaient même pas plus de dix ans. Dieu qu'il vous hait. Qu'il vous hait autant qu'il a pu vous aimer pendant un temps. Pietro reste dans ses pensées quelques instants encore, attendant la réponse de l'autre homme. Mais c'est ses mains qui viennent bouger et il ne cache pas sa surprise. Une bonne surprise. Personne ne s'intéresse à la langue des signes lorsque cette personne est capable de parler. Mais qui est-il pour juger. Sur le papier Pietro peut parler. Mais lorsque l'on retire le papier, qu'on place le miroir, rencontre le regard d'un autre, alors toute motivation s'étouffe dans sa gorge. Même motivation qui l'empêchait jusqu'à présent de mettre un pied dans une église.

« Austère. Mais… ce qui compte, ce n’est pas le lieu. Ce sont les gens qui viennent. La chaleur qui fait défaut à une église comme celle-ci se trouve ici, et là » Et lorsque l'autre homme vient placer la main sur le cœur du médecin, ce dernier ne peut s'empêcher d'avoir un petit souffle moqueur. Parce qu'il doute qu'il soit capable d'alimenter un endroit comme celui-ci en lieu chaud et agréable. Sa simple chambre est déjà froide, austère elle-même. Il a beau regarder les murs et chercher quelque chose pour chauffer l'espace, l'endroit reste le même. Sinistre. Pietro dépose l'ardoise sur ses genoux. Si l'autre peut parler avec lui dans la langue qu'est la sienne, alors Pan lui fait l'honneur de répondre dans la même langue. Il vient d'abord frotter ses mains légèrement froide et offrir un sourire à son interlocuteur.

« Un grand coup de peinture pour rafraîchir l'endroit ne serait clairement pas de trop. » Ses signes sont lents, mesurés pour que l'autre puisse comprendre ce qu'il essaie de faire comprendre. Puis les paroles ne sont pas compliquées, Pietro en est encore à la partie où il ne fait la discussion, par peur d'attaquer un sujet trop sensible pour son esprit.

10 Il se passe nerveusement la main sur la nuque, un tic qu'il tient depuis trop longtemps maintenant, avant de venir signer une nouvelle fois. « Je doute que ce soit mon cœur qui vienne réchauffer l'endroit, mon père. » Pietro soupire une nouvelle fois avant de venir s'assoir encore plus nerveusement qu'autre chose. Plus moyen de s'enfuir maintenant, plus moyen de prendre ses jambes à son cou dans la maison du seigneur. Alléluia dirait quelqu'un, lui dit simplement qu'il semble être perdu entre les bancs. Sa main récupère l'ardoise avant de venir griffonner sur l'ardoise. « Ça fait longtemps que je ne crois plus en vous et en votre religion mon père. » Blasphème, il risque la mort pour avoir dit ça dans une église. Peut-être que Théodore va se lever d'un bond et lui dire de partir. Même avec une réaction comme celle là Pietro pourrait comprendre...




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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Jeu 13 Sep - 20:06



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Les premiers signes de Théo sont hésitants. Cela fait bien longtemps qu’il n’a pas eu l’occasion de discuter en langue des signes. Il le regrette d’ailleurs car il trouve qu’elle est beaucoup plus… imagée, expressive que les autres langues. Celle-ci au moins est compréhensible par tous. Alors forcément, lorsque l’italien montre sa surprise de le voir s’exprimer avec les mains, le prêtre ne peut s’empêcher de sourire à nouveau. Les souvenirs de la fac lui reviennent. Lorsqu’il découvrait tout cela. Lorsqu’il apprenait de nouveaux mots, conversant avec des personnes qui se sentaient isolées par leur manque de paroles…

S’il semble toujours mal à l’aise, prêt à s’enfuir à toutes jambes, le médecin est tout de même attentif. Il ne l’interrompt pas et lui répond finalement. Doucement, s’assurant que son interlocuteur comprenne bien. Et ce dernier apprécie l’attention. Mais il remarque également que le médecin a d’abord répondu à la partie sur la peinture. Il semble maintenant encore plus mal à l’aise. Peu sur de ce qu’il va dire. Mais il signe enfin, et ses doutes n’étonnent pas Théo. Son malaise, le manque d’assurance… tout trahit le fait qu’il n’aime pas être ici. Peut être même pense-t-il qu’il ne devrait pas être entré. Et le plus jeune le comprendrait. Combien de personne a-t-il rencontré qui ne se sentent guère à leur aise dans les églises. Pourtant, ce ne sont que des lieux… On les dédie au Seigneur dans le but de s’en rapprocher, mais elles ont avant tout une fonction symbolique. Bien entendu, il n’a jamais exprimé son point de vue sur la question. Les autorités religieuses compétentes n’auraient jamais validé son séminaire s’il avait fait part de tous ses… doutes. Ses… incompréhensions…

Enfin, alors que le prêtre s’attend à une suite, Panebianco vient s’asseoir. Il soupire. Sa gêne persiste. Se sent-il obligé de rester, maintenant que la conversation est engagée ? Mais il reprend, à l’écrit cette fois. Peut-être est-ce mieux ainsi, car le brun ne peut faire d’erreur d’interprétation de cette manière. Et la déclaration ne porte pas vraiment à confusion… elle ne le surprend d’ailleurs pas tant que cela. C’est la première fois qu’il vient dans la chapelle depuis l’arrivée de Théodore, un an plus tôt. Ses manières peu naturelles, sa gêne, son hésitation évidente… tout indique qu’il n’est pas, ou plus, familier avec cette religion. Et pourtant, il est là. Il est entré, et fait un effort pour discuter avec un homme dont il ne comprend probablement pas les motivations. Il ne se sent pas à sa place mais il… essaye. Et cela devient suffisamment rare pour être d’autant plus apprécié.

Théodore hoche machinalement la tête. Le fait qu’il s’en doute un peu ne retire rien à aux questions qui lui traversent l’esprit. Il comprend on ne peut mieux que l’on puisse perdre la foi. Lui-même a effleuré cette limite à plusieurs reprises. Mais il se questionne tout de même. Quel évènement, quelle remise en question permet de la franchir ? Et surtout, pourquoi tenter, maintenant, de faire machine arrière ? Ou du moins de s’accorder un instant de doute ? Alors, doucement pour ne pas faire d’erreur, l’homme d’église se remet à signer.

« Et je le comprends. Croire est un droit, au même titre que ne pas croire. Dans un cas comme dans l’autre, nous avons tous nos raisons. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Mais vous êtes ici aujourd’hui. Ça aussi c’est votre droit. » Il s’arrête. Marque un temps avant de reprendre, à l’oral. Il n’est pas assez sûr de lui pour continuer en langue des signes. « Je ne vais pas vous mentir… cela fait plaisir de vous voir essayer. Est-ce que… » Il hésite. Il voudrait lui demander ce qui lui a fait perdre la foi. Ce qui l’a poussé à rejeter la religion. Mais il est trop tôt. Et il ne connait pas exactement son point de vue sur la question. C’est trop personnel. «… je peux vous demander ce qui vous a fait entrer ? » Il finit sa phrase en l’observant, l’habituel sourire bienveillant de retour sur son visage serein. C’est au moins un début pour entamer une discussion plus… personnelle ?


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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Jeu 27 Sep - 23:34

 

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Théodore ϟ Pietro .

Voilà bien longtemps que Pietro ne s’est pas confié à quelqu’un. A quelqu’un en général d’ailleurs, que cette personne soit prêtre ou pas ne change pas beaucoup au fait qu’il n’a pas parlé à quelqu’un depuis un long moment. Enfin, parler, bien évidemment, mais sans parler déjà, ne serait-ce qu’écrit, ou signer. Il ne parle plus de ses problèmes parce qu’il ne saurait pas par où commencer de toute façon, la liste est trop longue, elle demande trop d’attention, assez ironique lorsque l’on voit que la porte à côté de la sienne habite un psychologue, un psychiatre. L’idée pourrait lui faire secouer la tête s’il n’était pas en public.

Mais Théodore semblait doué tiens, presque trop pour son propre bien, être doué entre ces murs ça n’attire presque que des problèmes. Il vaut mieux être médiocre, médiocre et non remarquable. Certains regards que l’on croise, on ne veut pas les revoir, certains regards ne donnent pas envie de suivre la situation, de passer de l’autre côté de la barrière. Fuir pour oublier cette situation semble être une bonne idée. C’est bête, c’est horrible mais c’est des pensées que Pietro ne pense pas à voix haute, il n’en parle pas aux autres, peur du regard des autres. Quel est ce médecin qui aimerait être fou? Peut-être que Pietro a déjà atteint la folie, un peu plus tôt dans sa vie. Lorsqu’il se retrouve à tout casser parce qu’il ne peut contrôler son corps, ne peut contrôler ses impulsions, son corps a sa volonté propre que son crâne, que sa logique réfute. Et bon dieu qu’il en souffre. Sa voix s’est certainement arrêtée parce qu’elle ne pouvait supporter les choix que faisait le haut du corps. Il en frisonne parfois, lorsqu’il réalise que son esprit est peut-être fou finalement.

Tss, sa présence ici est-elle un droit? Elle semble plus être un devoir. Personne ne l’y a forcé à part lui-même. Pourtant c’était ce petit quelque chose qui l’obligeait à bouger, son coeur, sa famille, ce qu’il en reste. Puis surtout les remords, qui lui mordent l’estomac. Sans regarder réellement le prêtre, Pietro se voit signer. «Si vous le dite mon père.» Il ne lui a pas crié dessus, il ne lui a pas retourné une claque, il s’est montré agréable et gentil, comme si ce que ressentait Pietro était normal. Comme s’il n’était pas obligé de croire pour rentrer dans une église. Cette idée lui file des frissons, ça veut dire que quelque part dans le monde, il a droit d’y rentrer sans avoir besoin d’une raison, d’un but et que la personne à l’intérieur ne va pas être violente. «Est-ce que?» Il est presque curieux maintenant le Pietro, c’est assez drôle sachant qu’il voulait fuir quelques secondes auparavant.

La question le déboussole d’un coup. Qu’est-ce qui l’a fait rentrer? Il lève ses mains dans l’idée de signer quelque chose mais Pietro se rend compte qu’il ne sait pas quoi répondre. «Il était peut-être temps?» L’italien a beau avoir signer, la question reste évidente même pour le prêtre, il semble très peu sûr de lui. Il était temps de faire un pas vers la rédemption ou il était temps de chercher un quelque pardon pour un seigneur qui n’a jamais rien fait pour lui? «Je ne suis même pas sûr.» Sa déclaration est accompagnée d’un petit sourire nerveux.

Une nouvelle fois Pietro tend la main vers l’ardoise, ce qu’il s’apprête à écrire demande un peu de temps et d’attention, il ne se révèle à personne mais peut-être que les murs froids commencent à se réchauffer. «Je suis italien, j’ai par conséquent beaucoup de lien avec la religion.» Pour lui c’est une évidence. «J’ai toujours côtoyé la même église, j’étais très croyant.» Le plus fervant de plus, priait pour que son père là-haut soit confortablement installé, qu’il puisse y vivre en paix jusqu’à ce que Pietro le rejoigne. «Puis le seigneur a eu des dessins des plus sombres pour moi.» Nerveusement Pietro essuie ce qu’il a écrit, comme si effacer l’ardoise allait effacer la réalité. «Il a pris les gens que j’aimais vers lui. Sans aucune raison.» Frénétique. Les yeux se font plus humides.




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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Ven 12 Oct - 0:01



Padre Nostro che sei nei cieli

Patiemment, l’homme d’Eglise attend une réponse. Peu importe laquelle à vrai dire. Que le médecin lui dise franchement entre quatre yeux qu’il est venu ici pour saccager la chapelle ou parce qu’il veut se réconcilier avec Dieu. Ce qui compte, c’est d’avoir une idée de qui est cet homme. Enigmatique et silencieux sont deux adjectifs qui le qualifient plutôt bien, mais ils ne font pas tout. Il y a bien plus derrière le silence qui l’entoure. Et d’un côté, ce n’est pas la raison qui le pousse à se trouver ici qui est réellement importante, mais c’est ce qu’il va faire maintenant qu’il est là. Maintenant qu’il a consenti à prendre place aux côtés du prêtre.

Un peu hésitant, à ce qu’il semble à Théodore, il finit par répondre. Ça ne semble pas vraiment être une réponse d’ailleurs quand on y pense. Ce n’est pas très convaincant. La suite non plus d’ailleurs. Etait-il temps ? Il n’y a que lui qui puisse répondre à cette question en réalité. Cela a toujours été une évidence pour le brun. La relation avec le Seigneur ne dépend, en réalité, que de soi. C’est un dialogue. On a souvent l’impression qu’il est à sens unique, mais c’est parce que l’Être supérieur nous laisse le temps de parler, de dire et faire ce que l’on a à dire et à faire. Lui, il écoute.

Finalement, c’est en écrivant que Pietro reprends la « parole ». S’ils privilégient tous deux la langue des signes, il semble évident que certaines choses ont besoin d’être dites de façon plus… formelle. Alors il lit, attentivement. Il lui laisse le temps d’écrire sans rien ajouter. Mais une formulation le fait tiquer. « des desseins des plus sombres ». Premier désaccord potentiel. Jamais, aux yeux du prêtre, il n’a semblé que Dieu puisse avoir de sombres desseins pour l’un de ses enfants. Tout est une question d’interprétation. En réalité, il est le seul à voir les choses dans leur ensemble. Pour les simples mortels comme eux, il semble parfois que ce ne soit pas clair. Que l’on trébuche, que l’on cherche son chemin. On pense que l’on est abandonné. Jusqu’au jour où l’on accepte qu’il en est autrement. Mais on demeure le seul juge pour savoir quand le moment est venu, et comment cela se fait. Voilà ce que pense Théo. Voilà ce que son expérience personnelle l’a amené à se dire. D’ailleurs, la dernière phrase que le docteur Panebianco écrit sur son indéfectible ardoise le pousse à détourner les yeux. C’est beaucoup trop proche de ce qu’il connait. De ce qu’il a vécut.



-Lâchez-moi. Je veux pas y aller. Vous pouvez pas me forcer. C’est qui Dieu d’abord ? Hein ?
-C’est notre Père à tous, Théodore. La messe t’aidera à t’en sentir plus proche.
-C’est pas mon père. Mon père est mort.
-Oui, le Seigneur l’a ramené à lui, Théodore…
-Laissez-moi… Pourquoi j’irai voir un type qui m’a pris mes parents ?
Il a six ans. Ses grands yeux bleus dévisagent le curé. On lui a enfin trouvé un orphelinat dans lequel il reste des places. C’est un orphelinat catholique. C’est dimanche. Mais il ne veut pas aller à la messe. Pendant six années, il refuse. On l’y oblige, mais il se refuse à être attentif, à participer. Ce ne sont que des bêtises pour lui. Tout ça. Comment un Dieu qui prend les parents des enfants, égoïstement, pourrait être bon ? Comment pourrait-il les aimer ? Il est en colère. Il est toujours en colère. Il ne comprend pas. Tout ce qu’il veut, c’est être avec son père à lui. Son vrai père. Et sa mère. Il sait que ce ne sera plus jamais possible. Alors pourquoi ce Dieu là, lui, il aurait le droit d’être avec eux ? Parce que c’est ce qu’on lui raconte. C’est injuste. C’est moche.


Comme la vie en fait.



Il attend un moment. Le silence retombe, tout comme son sourire. S’assurant que le médecin a finit, c’est lui qui prend la parole. Lui, à l’oral. Il préfère ne pas croiser le regard de cet homme tout de suite. Signer serait trop impressionnant, d’une certaine façon.

« Je comprends… » Commence-t-il enfin, après un temps de réflexion. Et c’est vrai. Souvent, lorsqu’on dit « je comprends », on ne comprend pas vraiment. On imagine, tout au plus. « Je sais ce que c’est. Je sais qu’on perd l’envie de croire en Lui. De croire qu’Il est capable de faire de belles choses. Même que l’on en est capable soi-même. » Il dit cela en fixant le Christ en croix, sur le mur du fond. Ce Christ… Ce fils qui a été sacrifié par son propre père, pour racheter les péchés de l’humanité… Quand on songe à cela, comment peut-on croire que c’est un Dieu de bonté et d’amour ? « Jusqu’au jour où l’on accepte, où l’on se dit que, peut-être… c’est mieux ainsi. Je ne sais pas qui sont ces personnes qu’il vous a prises, mais… il a du estimer que la vie sur Terre n’était pas digne d’elles… et avoir des projets… différents. » Il dit tout cela d’une voix lointaine. Son regard reste fixé dans le vide, au fond du bâtiment. S’il sait comment aider lors de l’effondrement d’une maison, lors d’un incendie, se remonter les manches pour nettoyer et s’il sait prier, il y a, en revanche, quelque chose qui l’a toujours gêné. Essayer d’expliquer la mort. La perte. Ou même, sans la justifier, au moins essayer de l’adoucir. Il n’a jamais su le faire. Peut être parce que lui-même n’a jamais ressenti de soulagement à ce sujet. En temps normal, en France, il savait géré cela pour les enterrements… Mais là, ça semble si différent.


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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Mar 23 Oct - 9:24

 

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Théodore ϟ Pietro .

‘Papan pourquoi t’es triste?’ La petite voix le fait sursauter, il était dans l’église l’instant d’auparavant. Maintenant ses yeux sont posés sur Victoria, Katalia et Oscar, un des trois? Les trois? Il n’est même pas sûr, la seule chose dont il est sûr c’est du feu qui lui brûle la poitrine. Les petits visages semblent si concernés, si anxieux de voir leur papa dans cet état. C’est vrai qu’avant Pietro avait peu de raisons d’être triste, son visage portait toujours un sourire, ses yeux montraient particulièrement l’amour qu’il leur porte. Aujourd’hui ses yeux ont la couleur qu’ils portent dans l’église. Les yeux portent la mort des enfants, les sourires vides de sa vie. ‘Pan pas triste.’ les petites mains d’Oscar s’ouvrent et se ferment comme s’il désirait être porté. Le sourire doux passe sur les lèvres de Pietro tandis qu’il tend une main vers le garçon.

Mais il n’y a pas son garçon ici. Ce dernier est tranquillement chez son père, il vit paisiblement sans avec besoin de lui. Victoria et Katalia n’étaient pas là non plus. Ici il n’y a plus que le sol glacé de l’église, les bancs et le prêtre, celui qui tente sans savoir qu’il parle a une cause perdue. La main du médecin enserre l’ardoise, les jointures deviennent blanches. Il y a longtemps que son esprit n’a pas joué ce coup là, ne l’a pas emmené en face de ses démons intérieurs. Pietro a peut-être tort finalement. Il est peut-être trop tôt pour venir confronter ces pensées d’autre fois. Son regard se lève vers la statue, celui qui est supposément le pardon éternel. Pietro ne lui pardonne pas.

 « Jusqu’au jour où l’on accepte, où l’on se dit que, peut-être… c’est mieux ainsi. Je ne sais pas qui sont ces personnes qu’il vous a prises, mais… il a du estimer que la vie sur Terre n’était pas digne d’elles… et avoir des projets… différents. » 

La phrase vaux une moue de la part de l’autre homme, une moue qui tente de cacher ses réelles pensées, mais elle échoue laborieusement tandis qu’une larme coule sur sa joue, suivie d’une deuxième. Bien évidemment que la terre n’était pas digne de ses deux più bei fiori et que le créateur les avait reprise. Pan connaît l’histoire, il sait comment les choses doivent se passer dans cette religion, grâce à ce grand homme là-haut... Mais est-ce supposé rendre les choses plus simples? Est-ce qu’assister au décès des personnes que l’on aime le plus sur cette terre fait partie du plan? Est-ce que récupérer des enfants fait partie du plan? Quel projet peut-il avoir pour des jeunes filles? Elles n’avaient même pas 10 ans... Même pas 10 ans. Après quelques instants le sanglot silencieux s’échappe de sa gorge, les larmes ravagent son visage, d’une main tremblante il glisse les lunettes qu’il avait sur son nez dans sa poche, se cache le visage. Il pleure, faible face au jugement du créateur, face au jugement de l’autre homme. «En-en-en quoi?» Sa voix est rauque, extrêmement rauque, pas plus haute qu’un murmure tandis qu’elle s’échappe de sa gorge. «En quoi ce dieu est-il ju-ju-juste?»

Mais qui a parlé de justice? Il n’y en a plus dans ce monde. Un autre sanglot parcourt son corps tandis qu’il ramène ses mains contre lui, son corps semble se tendre. Il y a si peu de temps qu’il est ici et le voilà déjà dans cette situation. La honte n’est même pas dans ses pensées en cette instant, l’idée que sa gorge ai pu émettre un son, l’homme ne l’aurait pas réalisé si sa gorge ne le brûlait pas de l’effort. «Mi mancano le mie figlie.» Il prends une inspiration, peut-être dans l’idée de stopper ses larmes, elle ne sert à rien. Les flots d’eaux semblent ne pas vouloir s’arrêter, peut-être arrivera-t-il à provoquer le déluge? Se noiera dans ses propres larmes pour avoir trop péché? Ses yeux se relèvent, dans l’idée de croiser le regard du prêtre, ses mains se tendent parce que sa voix ne peut assumer une autre parole, il en a déjà trop dit, trop parlé pour cette situation. «Je le hais. Chaque jour qui passe pour m’avoir retirer mes deux filles. On ne se remet pas de quelque chose comme ça.» Il baisse les mains, plus comme elles retombent sur ses jambes comme des armes d’un combattant à présent vaincu. Dieu a eu raison de lui. Cette entité qui est venue poser une main sur sa poitrine pour l’empêcher de vivre, de parler sans avoir peur de tout, d’espérer.

Elles sont mortes et enterrées depuis longtemps. Est-ce que ça apaise ses pensées? Nullement.

‘Pan faut pas être triste!’ La figure de Victoria apparaît une nouvelle fois dans son esprit et il aimerait lui crier de partir, qu’elle est morte, qu’elle n’a rien à faire à hanter ses pensées. Mais sa boule de soleil se tient là, elle est dans sa robe préférée, ses cheveux remontés en deux couettes, un chouchou jaune, un autre vert, sa soeur porte les mêmes. Elle est là, lui tends les bras et tandis qu’il tends les mains à son tour, s’attendant à la voir disparaitre, les mains se referment sur l’enfant, qu’il tient contre son corps. Elle vient enfouir se tête dans son cou, le souffle le chatouille mais elle rigole doucement. ‘Tu piques!’ Il ferme les yeux, pose le nez dans les cheveux de sa fille, respire l’odeur qu’il n’a plus senti depuis trop longtemps. Elle sent si bon. Chaque jour qui passe l’odeur disparaît un peu plus, jusqu’au jour où elle ne voudra plus rien dire. Victoria se repousse contre son torse pour le regarder dans les yeux, elle vient poser ses petites mains sur les joues de son père. ‘Pourquoi t’es triste!?’ Il sourit doucement. «J’ai fais un mauvais rêve où il se passait des choses tristes.» Elle ouvre de grands yeux. ‘Moi aussi j’en fais des mauvais rêves! Mais dis papan... pourquoi tu chuchotes?’ Un petit rire doux s’échappe de ses lèvres. «On sait jamais qui peut nous écouter mie figlie.» Son regard se porte vers le haut de la pièce, de là où le Dieu est en train de les regarder... Prêt à briser cette relation.

Tandis que Pietro cligne une nouvelle fois des yeux, il se lève abruptement du banc sur lequel il était assit, l’ardoise tombe au sol tandis qu’il se dirige vers les cierges en train de brûler, un peu de lumière, d’autre chose...




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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Lun 3 Déc - 23:58



Padre Nostro che sei nei cieli

Toujours fixé sur un point invisible, le regard du prêtre se perd. Il vagabonde, comme ses pensées. Probablement sont-ils à la recherche de quelque chose à dire. De paroles justes, de paroles qui pourraient toucher l’homme assis à côté de lui. Mais rien ne vient. Cela fait un moment que ça ne lui est pas arrivé. Mais aujourd’hui, c’est comme ça. Rien ne vient. Comme si c’était un peu trop dur. Pensées et regard sont interrompus dans leur cheminement sans but par les sanglots du médecin. Théo n’a pas besoin de tourner les yeux vers lui pour l’imaginer. Il ne le fait pas d’ailleurs. Quel intérêt cela aurait-il ? Il n’a aucune envie de le mettre mal à l’aise. Il le comprend, il partage une partie de sa peine. Alors il n’a aucune envie de lui donner l’impression d’être jugé. Entre les larmes et les sanglots, toutefois, une voix s’élève. Très discrète, mais audible. Alors, spontanément, et sous le coup de la surprise, le brun tourne malgré lui son visage vers celui, humide, du docteur Panebianco. Ce sont bien ses lèvres qui bougent alors que les paroles résonnent dans la bâtisse. Des paroles discrète, rauques, mais qui rendent compte de toute la souffrance qui inonde son esprit, son coeur, ses veines. Son être.

L’ecclésiastique le laisse parler. Il ne dit pas grand chose, juste de quoi lui faire comprendre l’étendue de la situation. Mais des mots captent particulièrement son attention. « Juste » « figlie » « hais » « filles » Il ne comprend pas tous les mots prononcés en italien, mais l’idée générale est vite saisie. Et confirmée par la dernière phrase de cet homme qui souffre.

Qui est-il lui, pour essayer de réconforter quelqu’un qui a perdu ses enfants ? Qui est-il pour prétendre tout savoir ? Pour oser croire qu’il sait quoi dire ? Pour prétendre qu’il comprend ? Il sait ce qu’est la perte. Mais pas celle de la chair de sa chair. Grandir sans parents n’est probablement rien en comparaison d’une vie sans ses enfants. Le seul qui soit probablement capable de comprendre ce que cela fait, c’est Lui. Dieu. Celui qui les a reprises à leur père, comme lui-même a laissé son fils mourir sur la croix. Ce sont ces mêmes pensées qui l’ont finalement, après plusieurs années de refus viscéral, mené vers la religion. Vers l’amour d’un Père ayant perdu son fils. Pour un fils ayant perdu ses parents. Mais comment peut-on, en en connaissant l’effet, retirer un enfant à sa famille ? Et deux, de surcroit ?

Le regard bleuté de l’homme d’Eglise se détourne bien vite de l’italien. Il ne veut pas se montrer intrusif. Il lui laisse quelques instants de tranquillité. Ses songes le ramènent ailleurs. En Ethiopie. Au Japon. Lors de ses missions humanitaires. Alors qu’il découvrait, en fouillant des décombres, les corps de personnes sans vie. Des femmes. Des hommes. Des enfants. Les parents qui hurlaient leur peine au ciel. Ceux qui voulaient se montrer forts, comme les coutumes le voulaient, sans s’en révéler capables. De ceux qui trouvaient chez lui une épaule sur laquelle pleurer. Ces femmes qui étreignaient le corps sans vie de leurs filles, de leurs fils. Et ces mots apaisant qu’il aurait voulu trouver. Mais qu’il n’a jamais réussi à dire. Parce que le traditionnel « Ils sont avec Dieu maintenant », n’a jamais consolé personne. Et il le sait aussi bien aujourd’hui qu’à cette époque. Parce que de toute façon, qui est-il, ce petit prêtre sorti de nul part, qui ne connait rien à la vie ? Qui n’a jamais vécu le quart de ce que cet homme, à côté de lui dans cette église froide, a pu encaisser. Lui qui ne le vivra même jamais.

Un bruit se fait entendre dans cette chapelle austère. Il résonne, au milieu du silence qui s’est installé. Pietro s’est levé, laissant son ardoise heurter le sol. Il est maintenant devant les cierges, seule source de chaleur de ces lieux. Ce retour à la réalité fait prendre conscience au français qu’une larme roule doucement sur sa joue. Les souvenirs et la douleur de cet homme l’envahissent. Lui rappellent sa propre détresse, des années avant. Il essaye de penser à ce qu’il aurait, lui-même, aimé entendre. Mais rien ne vient. Parce que rien n’apaise vraiment une telle peine. Surtout pas les mots de quelqu’un qui fait comme s’il ressentait la même chose. Ou comme s’il comprenait. Il laisse la goutte salée s’écraser au sol, et d’un revers de manche, sèche le sillon humide laissée par son passage.

Doucement, le père Théo se lève. Il ramasse l’ardoise laissée au sol et s’approche un peu du médecin. Il garde une distance raisonnable entre eux, il lui laisse son espace personnel.

« Je sais… Je L’ai longtemps haï aussi. » Commence-t-il à voix basse, fixant le Christ en croix suspendu entre deux vitraux. « Non, on ne s’en remet pas. On apprend à vivre avec. Même si ce n’est pas juste. Je ne crois même pas que l’on puisse parler de justice. Je ne crois pas qu’Il fasse ça pour se montrer juste. Ni injuste. Parce qu’il voit les choses dans un ensemble, un tout… qu’il ne fait probablement rien sans une raison qu’il juge… Suffisante. Mais, c’est la vie qui est injuste. » Il s’interrompt un moment, cherchant un paquet de mouchoir dans ses poches. Il le pose sur le banc le plus proche de son interlocuteur, avant de continuer. « Pendant des années, je L’ai détesté, Lui et tout ce qu’on voulait m’imposer en Son nom. Parce que je ne voyais pas en quoi cela pouvait être justifié… tout ça… toutes ces épreuves que l’on peut vivre. Alors que… J’avais de la chance. J’étais en bonne santé, j’avais un toit au-dessus de la tête. Un jour, j’ai pris conscience que… qu’Il a laissé son propre fils mourir pour racheter les péchés de l’humanité. Pour que l’on puisse accéder à une autre vie. Pour que vos filles, puissent, ailleurs, trouver cette paix qu’elles n’auraient, pour une raison ou une autre, peut être pas connue dans cette vie. Et… » Sa voix se brise. S’il pense aux enfants de Panebianco, il ne peut s’empêcher de songer à ses propres parents. Il n’en fait pas mention. Ce ne sont pas ses fantômes à lui qu’il affronte aujourd’hui. Peut être était-ce quelque chose comme cela qu’il aurait bien aimé qu’on lui dise. Mais peut être aurait-il trouvé cela encore plus injuste à entendre. Parce que, qu’est ce que ça signifie ? Qu’il n’aurait pas rendu ses parents heureux, pour qu’on lui enlève de cette façon ? Ses paroles sont maladroites. Il s’en rend compte. Alors, faisant un pas en arrière, il se saisi de l’ardoise qu’il a posé, quelques instants plus tôt, sur le banc. Revenant vers le médecin, il le regarde cette fois. Il veut essayer un langage avec lequel il est plus à l’aise. « Est-ce que… je peux vous emprunter votre crayon ? »


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MessageSujet: Re: Padre Nostro che sei nei cieli | feat Théodore   Ven 7 Déc - 18:46

 

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Théodore ϟ Pietro .

Il aurait certainement du quitter la religion, arrêter de chercher une raison dans cette dernière. Mais il ne l’avait pas fait. Parce que tout petit on lui avait raconté cette histoire de l’être supérieur qui veillait sur lui. Et que déjà entendre les mots passés de la bouche d’un inconnu ils pouvaient toucher en plein coeur. Mais l’entendre de la bouche de ses parents alors on y croyait. Et dieu que Pietro y avait cru lorsqu’il était enfant. Chaque mot, chaque idée, chaque sourire qui avait autrefois accompagné chaque histoires de l’ordre d’en haut. Il y avait cru, espérer, aurait pu foncer les yeux fermés. Mais personne n’avait autrefois voulu lui expliquer que tout ce qu’on lui racontait n’était que mensonge, de la poudre aux yeux, quelque chose pour le faire sourire, espérer une vie meilleure. C’est un moyen de dédramatiser son monde. Le fait que tout ce qui lui arrive, tout ce qui pourrait lui tomber dessus, le bien, le mal, la joie et tous ces agréables sentiments, toutes ces peines, alors tout viendrait d’une puissance d’en haut. Dieu guide tes pas, tes moindres faits et gestes. Tu es un pion, petit, médiocre, inutile presque sur cet échiquier qu’est la vie. Un pas de travers, une perte dans le coeur, et tu n’as besoin de subir la peine vue qu’elle vient d’un autre.

Son regard se perd dans les flammes, nombreuses, toutes aussi intenses les unes que les autres. Le feu il le connaît, il l’a toujours connu, presque trop, pour avoir mis le feu à son armoire une fois. Toujours la terrible envie de brûler quelque chose... Ses doigts se tendent, passent à travers une flamme, puis l’autre. Pourtant pas de brûlure, pas de douleur physique lorsque son esprit est déjà enfoncé dans cette idée de douleur. Il aimerait bien voir cette douleur s’échapper comme son armoire a si facilement disparue auparavant.
Elles sont dans un monde meilleur à présent. Elles aussi sont partie en fumée, de poussière tu retournera à poussière. Parce qu’elles n’avaient pas eu de longues années pour devenir quelque chose de plus grand que de la poussière. Elles ne sont plus qu’un souvenir dans sa mémoire, des mots glissés entre deux phrases, des portes battantes dans ses souvenirs. Les morts vivent à travers les vivants mais le vivant qu’il est préférerait disparaître, enfoncer sa main dans le feu, qu’elle consume l’entièreté de son corps, de poussière qu’il retourne à poussière lui aussi. Et le seul souvenir de ses filles, résideront dans l’esprit de leur autre père.

La voix de l’autre s’élève, proche de lui. Pietro ne l’a pas entendu, ni bouger, ni s’approcher, peut-être même pas respirer. Est-ce qu’il était conscient de sa seule présence ici peut-être? Parfois il semble que Pietro oublie les situations lorsque son esprit le renvoie, loin, plus loin que ce qu’il ne voudrait être réellement. Les mots font leur chemin dans l’esprit du médecin. Un homme d’église? Qui haïs son créateur, la personne à qu’il dévoue sa vie? Ce n’est que mensonge. Et Pietro aimerait lui dire d’arrêter de mentir, mais il n’a pas envie de se tourner des flammes qui scandent son nom. Il ne veut pas se détourner des souvenirs qui brûlent sa mémoire. Il est bien dans cet état d’esprit, écoutant l’homme qui lui ment pour essayer de lui remonter le moral. Le simple signe de ‘stop’ s’échappe, comme une phrase qui se glisse malgré lui. Pietro renifle, rigole presque de la suite de cette phrase. Il se tourne doucement vers l’autre homme, cherche le regard en levant ses mains, secouant doucement la tête. «ça fait plus de 20 ans, certaines personnes ne peuvent pas vivre avec.» Il hausse les épaules comme si c’était quelque chose de normal. Après tout il s’est accommodé à l’idée d’avoir toujours mal.

Les mots sont dur pour Pietro. Ils ne se veulent pas durs, pas pour l’enfoncer, pas pour lui faire encore plus de mal. Et pourtant ils se voient violenter le coeur du médecin, encore et encore, parce qu’il semble que cette journée ne peut en finir, que la douleur pleuvra plus qu’elle ne le fait déjà quotidiennement. Le fait qu’il puisse laisser à penser, que Pietro n’aurait pas pu fournir un lieu vivable, une maison aimante, une famille pour ces enfants... Mais encore une fois ce n’est que de l’interprétation, parce que l’autre homme ne fait que l’aider, ne fait que lui rappeler que le créateur possède un endroit pour eux, pour elles surtout. Qu’elles y résident en ce moment, Victoria est certainement en train de tresser les cheveux de sa soeur qui grogne parce qu’Oscar refuse de prendre le thé avec elles.

«Pourquoi tu pleures Papan?» Peut-être parce que Dieu s’occupe mieux de vous que j’étais supposé le faire. Peut-être parce que vous êtes mieux loin de moi comme votre frère, votre père et votre mère. Peut-être parce que le manque me ronge de l’intérieur. Peut-être parce que bientôt il n’y aura plus rien à ronger.

Son regard se tourne, les mains tremblent de nouveau tandis qu’il signe à l’attention de l’autre. «Notre dieu à t-il jamais aimé son propre fils?» Parce que jamais Pietro n’aurait pu laisser mourir un de ses enfants pour sauver le nombre, sauver ces autres enfants. Il aurait tout donné, aurait fait l’impossible, serait parti trouver la solution si loin que le soleil ne se lèverait jamais. Il aurait sacrifier des civilisations entières... «Comment aimer un être qui n’a rien fait pour sauver son propre enfant lorsque j’aurais tout fait pour le mien?» Au point où il en est, Pietro n’est même pas sûr que l’autre comprend tout ce qu’il dit, mais l’italien vide ce qu’il doit dire, ce qu’il a retenu durant trop d’années.
La voix du père se brise, Pietro tourne la tête, vivement, de peur d’avoir blessé la seule personne qui tente de l’aider entre ces murs. Il ne veut pas faire de mal, en a déjà assez fait, il ne veut pas peiner l’autre homme avec son histoire mais il ne peut s’en empêcher... Parce que cette histoire ronge l’italien depuis trop d’années à présent. Parce que son sang commence à devenir vide de toutes les larmes qu’il a laissé couler. Mais il ne veut pas non plus que l’autre se sente mal. Alors il tend doucement son bras, pose sa main sur l’épaule de l’autre, comme si son geste pourrait aider Duclos qui fait déjà tant de chose pour lui.

Et aussi vite que la main s’est posée sur l’épaule elle s’échappe, de peur que l’autre le rejette. Il pourrait, il a toutes les raisons de le faire, de le faire fuir de l’église. Mais il s’accroche, quel espoir pour l’autre? Panebianco secoue la tête, peut-être à un moment il sera quelqu’un de bien, quelqu’un de prometteur, de souriant, capable d’aimer la puissance supérieure. Maintenant il est capable de regarder le plafond de l’église et de souhaiter qu’elle s’écroule sur lui.
Il jette un nouveau regard à l’autre, sans vraiment comprendre pourquoi avant de lui offrir son stylo, seule et unique arme contre le monde qu’il offre au français.




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