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 "Someone will love you, but someone isn't me" ¬ «Défouloir»

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PILULES AVALÉES : 78
MIROIR : Alex Pettyfer
IDENTITÉ : Luny
A DÉBARQUÉ LE : 11/02/2018
- 'cause we're broken, try to swim in a sea of demons
SITUATION : Célibataire
EST ÂGÉ DE : 20 ans
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MessageSujet: "Someone will love you, but someone isn't me" ¬ «Défouloir»    Jeu 22 Fév - 22:50

Imager la vie, la mort, la peur. Imager non pas par des traits, par des couleurs, par des formes, mais à coup de mots, de métaphores et comparaisons.

J'ai toujours eu besoin d'un espace où écrire, ou poster ces textes, ces moments où l'esprit cherche à se défouler peu importe comment. Alors autant en avoir un ici. Vous pouvez bien entendu commenter. Mais ce ne sont pas des chefs d'oeuvre ni même des écrits pour lesquels je cherche des améliorations à apporter, ce sont des cris du coeur tout simplement.

[...]

» I want to be where you are, I try to be where you are

J'ai peur.

Je t'assure que je suis terrifiée. Le temps passe, les secondes s'écoulent et je crève de peur en souhaitant que les heures suspendent leur vol pour m'offrir quelques instants de répit. Les chiffres se mélangent dans mon esprit alors que je n'ai jamais aimé les mathématiques, tu te rends compte  ? Ça me tourmente, ça m'obsède et je meurs de terreur. Parce que le temps avance et que plus les jours passent plus on se rapproche doucement de cette date mortelle. Cette date qui représente tout. Cette date qui ne me lâche pas. Cette date qui prend mon coeur et le piétine en morceau, prend mes nuits et les lacèrent pour qu'elles ne puissent plus jamais exister réellement.

Je sais. Je sais que tu as mal. Je sais que ton coeur se détruit jour après jour. Parce qu'il n'est pas disparu, comme tu peux parfois le penser, il est encore là et il déverse des litres de venin dans ton coeur. Je sais parce que le mien fait la même opération et il n'y a pas d'antidote. Je sais que tu aimerais sauter, te trancher les veines, disparaître tout simplement comme si tu n'avais jamais existé parfois. Je sais que tu désirerais par moment qu'on te déteste. C'est toujours plus facile être détesté. Sauf que j'ai besoin de toi comme le poisson a besoin de son eau. Je te parlerais bien d'étoiles, mais je n'y arrive plus et tu sais très bien pourquoi. Le chiffre descend et je tremble, je me sens nauséeuse. Le chiffre descend au fil des jours et plus il se rapproche de 0, plus mon esprit s'embrouille, mes yeux se voilent. De tristesse et de fatigue. Les cauchemars sont revenus et me torturent. Je pense que toi aussi ils ont refait surfaces s'ils ont disparu un jour.

Un an et tu seras de nouveaux heureux

Je suis terrifiée.

On sait comment termine cette histoire et ces histoires ont dirigé nos vies, alors ma panique s'infiltre dans tous les fibres de mon corps pour m'empêcher de fonctionner normalement. De parler. De respirer. D'exister et les larmes sont de retour. Le désert s'est envolé de mon regard, la pluie est revenue en même temps que les cauchemars. Je ne respire plus correctement. Chaque jour qui se lève est un jour qui nous approche de la fatalité.
Je tremble.

Il ne se passera rien. N'est-ce pas ? Il ne se passera rien tant que tu décideras qu'il ne se passera rien. Ne me laisses pas retomber dans l'espoir de la mort. Ne me laisses pas me noyer. Ne me laisses pas tout simplement parce que... si tu sautes, je saute.
Si tu sautes, je saute.

J'ai besoin de toi pour vivre.

Mon combat peut avoir deux issus : la mort ou... ailleurs.

L'esprit s'embrume. Les yeux se voilent. Les idées se perdent ou se précipient et le mot ailleurs résonne parce qu'il n'a jamais eu autant de sens qu'aujourd'hui alors que l'effroi est tout ce qui me reste pour tenir debout.
Je ne veux pas te perdre et je crève de peur à l'idée que ce soit la finalité de ce nouveau décompte.
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PILULES AVALÉES : 78
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MessageSujet: Re: "Someone will love you, but someone isn't me" ¬ «Défouloir»    Mar 31 Juil - 1:28

» Présentation faite en avance comme ça bah je peux bosser dessus u.u «


Hayden S.
une jolie citation

identité : Son identité s'est perdue dans les méandres de son esprit, tout s'est noyé dans cette constante recherche de disparition, mais sur les papiers et au bout de ses lèvres, son prénom y meurt. Hayden. Hayden S. Ou encore Hayden M. Elle est née Rosalind Magnea et plus tard, a pris le nom de famille de sa mère, Signy. Une longue procédure en Cours lui permit de changer son prénom en Hayden.surnom : Hay' ou Haz. date et lieu de naissance : Elle est née dans un milieu aux deux extrêmes, où les geysers côtoient les volcans, entre glace et chaleur, dans les montagnes de l'Islande. Entre hiver et printemps, en Mars 1992, le 3 mars 1992 exactement. âge :Elle se voit sans âge, éternellement jeune et indéfiniment vieille, hors de tout ça. Mais, elle a seulement 26 ans au final, ou peut-être déjà.nationalité et origines : Islande. situation maritale : Son coeur a été déchiré, ravagé, il n'est plus que lambeau. Est-elle en couple ou célibataire ? Quelque part, son coeur est déjà pris. Mais officiellement, elle est célibataire. orientation sexuelle :Pansexuelle. occupation : Elle est enfermée ici, tombée dans cet enfer, elle est donc un patient.ancienneté à ostrov island : Une année et ça lui semble déjà trop, une année à errer entre ces murs, à se taire, à ne paraître qu'être un pauvre petit fantôme vacillant, un fantôme qui ne sait pas où aller. maladie(s) : Trouble de la personnalité limite et multipe - TDA - TOC's - anorexie vomitive - psychose paranoïaque - anxiété sociale et généralisée avec oclophobie/agoraphobie - toxicomanie - haptophobie - PTSD avatar : réponse ici. groupe choisi : réponse ici. principaux traits de caractère : une dizaine.
i'm not mad, my reality is just different from yours...
Une naissance. Tout commence par une naissance et cette petite fille n'échappe pas à la règle, la petite fille est née quelque part en Islande, dans un hôpital loin de la montagne, au coeur de la ville la plus occupée. Deux parents. Enfin, non, le père est arrivé en retard. Il était coincé dans les bouchons, il était allé chercher de la nourriture pour sa copine, elle le lui avait demandé. Et la petite est née entre temps. Elle est la deuxième. Elle a un frère. Il est d'un an et presque deux ans plus âgé qu'elle et il avait hâte de la voir naître, mais aussitôt que la petite fille se retrouve entre les bras de sa mère, l'enfant tape une crise de jalousie. C'était sa mère, juste à lui, mais il allait devoir apprendre à la partager, n'est-ce pas ? Bien entendu, parce que la mère avait assez d'amour pour deux. Ils ne restent pas longtemps à l'hôpital, elle est petite, mais elle est en santé et elle est née à terme.

Pendant un long moment, jusqu'à ses un an et demi, Rosalind voulait seulement demeurer dans les bras de sa mère, elle ignorait son père, ne voulait rien savoir de lui. Elle hurlait jusqu'à ce qu'on la remettait dans les bras de sa mère. L'instinct d'un enfant est le plus fort.

Rosalind s'amusait à courir après son frère. Ils s'amusaient tous les deux. "Hey, Rosa' !" La voix de son frère, Audunn, résonna en écho entre les montagnes. Elle ne se retourna pas et continua de courir. Elle glissa sans parvenir à se rattraper, elle hurla. Son cri se répercuta dans ses propres oreilles tandis qu'elle ne parvenait pas à se rattraper. Ils vivaient à une hauteur raisonnable, mais pas loin de cette petite maison, la montagne se finissait en pic et laissait une falaise se matérialiser. Ses petits mains s'accrochèrent au rebord avec toutes les forces. "Mamma !" La mère, alertée, arriva en catastrophe pour attraper cette petite chose qu'était Rosalind. La douleur s'infusait dans tout son corps, les larmes coulaient sur ses petites joues et ce fut une virée rapide aux urgences en ville, un père sombre et silencieux. L'ambiance pesait. L'ambiance était lourde, mais Rosalind était bien ancrée dans la douleur physique. On leur apprit qu'elle s'était fracturée la clavicule et on lui posa une attelle, Rosalind dormit le restant de la journée, épuisée par les événements.

Et puis, du jour au lendemain, le père ne fut plus là. Il laissa en plan la mère, rompu tout simplement en leur laissant la maison dans les montagnes d'Islande et lui déménagea quelque part ailleurs avec une autre compagne. Il avait trompé la mère de Rosalind pendant qu'ils étaient ensembles, mais ça, la petite ne l'apprendra que bien plus tard. Parce qu'elle était trop jeune pour en entendre parler et pour comprendre ce que tout cela voulait dire, beaucoup trop jeune. Alors la mère n'en parla pas. Il était parti. Il aurait dû rester loin, ne jamais revenir dans leur vie, les laisser seuls grandir et évoluer, mais ça aurait sans doute été beaucoup trop facile, et les choses ne devaient pas être facile. Rosalind n'aurait jamais dû rêver d'une vie douce et facile, elle n'aurait jamais pu la vivre de toute façon. Ainsi, il revient quelques temps plus tard, quand elle atteignait presque sa quatrième année de vie, pour les foutre dehors. La petite ne comprenait pas trop tout ce qui se passait, pourquoi mamma avait les larmes aux yeux, mais elle comprenait que plus jamais la montagne sera leur lieu de jeu, et Audunn aussi comprenait. Ils n'étaient pas stupides. Alors leur mère vint s'accroupir près d'eux et Rosalind s'installa sur ses genoux, les deux yeux grands ouverts et remplis de larmes. « Que va-t-il se passer maintenant, mamma ? » La voix fluette de Rosalind s'éleva, questionna, dans ce langage qu'elle avait toujours connu : l'Islandais. Après tout, c'était sa langue maternelle et même si sa mère avait fait en sorte qu'elle connaisse l'anglais et le français, elle utilisait davantage sa langue maternelle. « Je ne sais pas, ma belle, je ne sais pas » 

Ils avaient été foutu en dehors de chez eux par leur propre père parce qu'il voulait vivre ici avec sa nouvelle copine et la fille de celle-ci. Comment Rosalind devait le prendre ? Une certaine rancoeur s'installa dans son coeur.

how king midas put his hands on me, he said one day i'll realize why i don't have anyfriend

Elle s'entendait bien avec la fille de la copine de son père. Celle-ci ne venait pas d'Islande, mais ça ne dérangeait pas Rosalind. Elles aimaient beaucoup jouer ensemble, courir partout, s'amuser dans le fond. Elles étaient comme deux soeurs et Rosalind la considérait sans aucun problème comme sa soeur, sa merveilleuse soeur. Avec son frère, elle pouvait passer des fins de semaine dans cette maison qu'ils aimaient tant. Mais, elle déchanta au bout de la deuxième visite et elle aurait aimé que son père oublie jusqu'à son existence, jusqu'à sa naissance. Déjà qu'elle rentrait dans cette maison, et qu'il leur accordait seulement deux minutes d'attention avant de retourner à son travail et qu'ils ne pouvaient jamais le déranger sans qu'ils ne se fassent dire : « Chut, papa travaille » Mais qu'est-ce qu'elle en avait à faire, elle, hein ? Il était son père ! Pourquoi n'agissait-il pas ainsi ? Il agissait presque que comme un pur étranger, un inconnu, et non pas comme son père et ça blessait Rosalind qui aurait aimé avoir de l'importance aux yeux de l'homme ayant choisi son prénom.

and now i can't stop thinkin' that i can't stop thinkin that i almost gave you everything

Et la nuit, tout bascula, tout chavira, la nuit tout s'effaça pour ne devenir rien de plus qu'un cauchemar qui continuerait éternellement à la hanter, ne quittera jamais son esprit et la détruira, la tortura. Elle ne saura pas s"en sortir. Le père alla les border, elle et l'autre fille, comme n'importe quel père pourrait le faire. Jusqu'à ce que les mains s'aventurent un peu trop loin, jusqu'à ce que la bouche quitte la joue pour aller ailleurs. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi avoir décidé qu'elle devait cesser d'être sa fille et devenir un vulgaire objet ? Mains baladeuses. Langue bien trop entreprenante. Frissons. Pleurs et incompréhensions. "Bonne nuit" lâché trop joyeusement, et petit esprit lacéré. Rosalind aurait voulu disparaître, et son amie - sa soeur - aussi. Ne jamais exister. Ne jamais avoir été là, dans ce lit, dans cette chambre, près de lui. Elle tremblait. Elle ne comprenait pas, mais elle savait que ce n'était pas normal. Elle ne sut même pas s'endormir.

Et la porte qui s'ouvrit beaucoup plus tard dans la nuit, quand Rosalind fut la seule réveillée encore, et ce père qui crut qu'elle dormait, la secoua légèrement en l'enjoignant de la suivre silencieusement dans le salon. Lui qui s'installa sur la chaise déshabillé et elle qui lui obéit sagement - c'était son père, que pouvait-elle faire ? Elle n'avait que quatre ans, que pouvait-elle faire ? Des images qui ne s'effaceront pas. Des images qui s'inscriront indéfiniment dans son esprit, des images dont elle ne parlera jamais. Parce que c'était leur secret, c'était ce qu'il lui avait dit, lui avait fait promettre. Les promesses auront toujours un caractère si important à ses yeux, même s'ils n'auraient pas dû. Pas celle-ci, après tout.

and now this whole thing's finished and i can't stop wishing that i never gave you anything

Elle est rentrée chez elle un jour, et la police était présente, et l'organisation de défenses des droits des enfants. Rosalind était perdue. Elle n'avait pas parlé. Elle n'avait rien dit. Elle avait gardé le secret, qu'est-ce que ça faisait ici ?

[...]


et ça fait mal, crois-moi, une lame
enfoncée loin dans mon âme,
regarde en toi, même pas l'ombre d'une larme,
et je saigne encore,
je souris à la mort,
tout ce rouge sur mon corps
je te blesse dans un dernier effort

il aime caresser ton visage quand tu t'endors,
et toi tu te permets de dire encore, encore
je sais que ce qui ne tue pas rend plus fort,
mais moi, mais moi, je suis déjà mort


i'm searching for something that i can't reach

27.01.09 La première année est passée depuis un long moment. Enfin, depuis exactement 26 jours. Et Rosalind ne compte pas vivre plus longtemps. C'est la fin. Le dernier jour. Le jour 0 est enfin là. Elle a attendu depuis le 16 octobre, ou plutôt le 17, depuis qu'elle s'est réveillée, depuis qu'elle avait planifié que son coeur arrête. Avec Ellěnde. Elles ont planifié tout ça. Enfin, Rosalind a pris les devants quand son amie - était-elle seulement une amie ? elle n'avait jamais su comment qualifier cette relation, elles s'étaient rapprochées seulement à cause de la mort, de ce désir de mort, et maintenant, elles étaient inséparables, relation malsaine peut-être - ne s'était pas réveillée. Coma éthylique. Quatre jours. Quatre jours pendant lesquels Rosalind avait mal, tellement mal, et qu'elle était terrifiée à l'idée de vivre sans elle. C'était les deux ou aucune. Pas une morte et l'autre vivante. Ellěnde ne pouvait pas être morte, elle n'en avait pas le droit. Elle avait fini par se réveiller. "Rosa, Rosa, je suis en vie." Et le soulagement qui avait envahi le coeur de Rosa à ce moment, elle s'en souvient encore. Elle regarde les pilules. Des bleues. Des vertes. Pour dormir, pour augmenter le taux de potassium dans le sang, et encore d'autres pour dormir. Elle avait lu qu'un taux élevé d'hyperkaliémie pouvait tuer. Elle avait glissé dans sa chambre, la veille, des bouteilles d'alcool. Aujourd'hui, elle mourra.

Elle attrapa la bouteille et prit quelques gorgées, les médicaments en comptant méticuleusement. 70. 70 cachets avalés. Elle commençait à se sentir lourde après quelques minutes seulement. Ça allait fonctionner, elle en était certaine. Elle se dirigea en titubant dans la salle de bain et se fit couler un bain. Elle ne sut pas combien de temps elle y resta, combien de temps elle fut prise dans l'eau, mais quand elle ouvrit les yeux, l'eau était devenue froide, glaciale et elle eut une intense difficulté à en sortir. Bras lourd. Tête qui tourne. Envie de vomir, mais elle ne vomirait pas. Ce serait mettre en péril son plan. Elle n'eut pas la moindre idée de comment elle réussit à mettre son pyjama et s'écraser dans le lit, mais elle y parvint, les membres insensibles, engourdie de la tête au pied, vision trouble.


27/01/09
0.
C'est aujourd'hui, mon ange.
Pardonne moi.
Je t'aime.


Is there somewhere you can meet me ?

Elle ouvrit les yeux, elle était si mal. La douleur frappait violemment son coeur. Elle était vivante. Vivante. Parce que les médicaments bon marché ne seront jamais assez fort pour que son coeur arrête de battre. La douleur frappait tout autant son âme. Elle était vivante, encore. Après cent jours d'attente, à tomber encore plus profondément dans la douleur, elle existait encore. Elle aurait aimé ne pas ouvrir les yeux. Ne jamais les ouvrir de nouveau. Aujourd'hui, on est le 28 janvier 2009. Aujourd'hui, elle s'est réveillée. Elle n'aurait jamais dû se réveiller. Elle avait encore échoué. Et son petit papillon, son vlinder, s'était-elle réveillée elle aussi ? Elle se sentait si lourde que chaque geste lui coûtait une énergie qu'elle ne possédait même pas, mais elle attrapa la tablette qui lui permettait de communiquer avec les autres. Elle eut de la difficulté à taper correctement le mot de passe, mais elle finit par y parvenir. Des messages l'attendaient.

My Vlinder to Rosà: Rosa' ? Je me suis réveillée. Sois réveillée, je t'en prie. (0:10AM.)
Rosa', j'ai besoin que tu te réveilles. (1:20AM)
Rosà to My Vlinder: Ellěnde. Je suis réveillée. On a encore échoué. (2:35AM)
Je suis tellement... fatiguée. (2:38AM)

Soulmate to Rosà : Je t'aime aussi, chou, mais pourquoi cette soudaine effusion d'affection ? (Hier à 11:45PM)

My love to Rosà : What ? Why ? What's happening ? I love you my love.. tell me. (0:05AM)


Elle n'avait pas la force de répondre à quiconque sauf à Ellěnde qui était la seule à pouvoir comprendre ce sentiment cuisant d'échec qui la tuait, la détruisait doucement et lentement. Elle ferma les yeux, se laissa bercer par le sommeil qui l'envahit alors. Elle passa sa journée à dormir tout en se réveillant par moment - heureusement, sa mère n'était pas là pour lui ordonner de se lever, de se bouger. Non, sa mère n'était pas dans la maison cette journée-là et c'était bien mieux ainsi.
Elle finit tout de même par se lever, par ouvrir les yeux définitivement sur un monde qu'elle détestait et voulait quitter, un monde qui ne lui disait rien qui vaille. Un monde stupide. Elle était tellement dégoûtée d'exister encore. Elle s'étira longuement et finit par monter dans l'idée de se faire un café. Son regard se dirigea vers le garde-manger et elle secoua la tête.
Elle.
Ne.
Mangerait.
Pas.
Elle était plus forte que ça. Elle ne céderait pas. Peut-être qu'elle a échoué à disparaître de la surface de la terre, mais elle n'échouerait pas à ça. Elle ne mangerait pas. Ne manges pas. Elle ne mangerait pas. Elle tourna à on le bouton de la bouilloire après l'avoir rempli et prit sa tablette. Elle tapa ses quelques mots qu'elle avait si souvent tapé auparavant : pro ana forum et ferma les yeux. Le monde allait encore s'écrouler davantage. Ses doigts tremblaient tandis qu'elle rentrait ses identifiants.

Lys : Hello here.
Elora : Bonjour Lys. Comment vas-tu ?
Lys : Je respire. C'est déjà ça. Et toi ?
Elora : Pareil.. j'ai fait un groupe messenger. Tu veux venir ?
Lys : D'accord. Je t'envoie mon facebook en mp.


Est-ce qu'elle aurait pu savoir qu'elle allait s'enticher de cette fille, que les choses allaient se corser, est-ce qu'elle aurait pu savoir comment la douleur allait l'étreindre dans seulement quatre petits mois ? Non. Sans doute pas. Mais elle aurait aimé. Histoire de se préparer. Elora fut rapide à l'ajouter sur son compte. Elle accepta et elle fut ajouter à un groupe de discussion.

Elle ne sut même pas comment elles en vinrent à parler de troubles psychologiques, comment elles en vinrent à parler d'elle. Mais ce fut le cas. Elora était différente. Elora n'était pas comme les autres, elle sortait du lot. Même si elle vint la voir en pv avec ses mots dégoulinants d'espoir auxquels Lys ne croyait pas. Au fil de la discussion, Elora vint à dire que sa grande soeur souffrait de bipolarité. Et la discussion finit par dévier sur la copine d'Elora, Laura. Laura qui était belle, Laura qui était son ange, Laura qui était tout, Laura qui comptait tellement. Laura pour qui elle ferait tout et ce fut vrai. Elle finit par partir du groupe en affirmant vouloir guérir jusqu'à ce qu'elle revienne dans le pv de Rosalind. Elle admit que ce n'était pas sa soeur qui souffrait de bipolarité, mais bien elle. Et elles parlèrent. Jusqu'aux petites heures du matin, elles parlèrent. Se perdirent dans les heures, dans les jours, se perdirent dans ce qui existe, dans le réel et l'irréel. Elles apprirent à se connaître. Elles apprirent à s'apprécier, à s'aimer. Oh oui. Mais Elora avait Laura et Rosalind avait Lottie. Lottie qui était tout, qui était le sang et l'âme de Rosalind, Lottie qui était si peu présente, pour ainsi dire presque jamais, mais Rosa' l'aimait plus que tout, crevait d'amour pour elle. Mais.. El' était là. Elle s'infiltrait dans son coeur pour tout chambouler, pour tout balancer. El'.
Le
temps
passait.


Elora : J'aimerais passer du temps réel avec toi  
Pouvoir m'asseoir à côté de toi
Lys : J'aimerais aussi
Elora : Sentir ton regard sur moi
Captivé
Se sentir réellement écouté
Lys : Ce serait super, être avec toi et pouvoir se parler sans filtre ou même pas parler, juste regarder les étoiles
Elora : Il y a beaucoup de nuages ce soir, je n'arrive pas à les voir
Lys : Elles sont toujours là quand même
C'est ce que j'aime
Elora : On créera de nouvelles constellations
On en inventera
Lys : Même si on ne les voit pas, elles sont toujours là
Oui
Elora : On liera des étoiles qui ne s'étaient jamais rencontrées encore
On fera de nouvelles liaisons
De nouveaux liens
De nouvelles étoiles vont se rencontrer


Les mots se sont perdus dans les méandres du temps. Elles se parlaient énormément, elles passaient des journées entières à se parler et El' avait rompu avec Laura. Lottie était toujours si peu présente et Rosalind avait appris à dépendre d'El', de ses mots, de sa façon d'être, elle tombait doucement amoureuse de cette fille, de son esprit, d'elle. Mais elle ne se l'admettait tout simplement pas. Parce qu'elle était déjà en couple, parce qu'elle avait Lottie.


Elora : On ne se quitte pas hein ?
Jamais
Lys : Non, on ne se quitte pas El'
Elora : Je te sauve, tu me sauves
Lys : Oui, tout ensemble. Je partirais jamais. Si... si elle réussit à prendre ma place, quelques minutes, tu resteras ? Je veux dire, quand je redeviendrais moi, tu, tu seras là ?
Elora : Je serais toujours là
Tu comprends ?
Toujours


C'était une promesse à la mort, pas à la vie. Une promesse de mort scellée sous les yeux muets des étoiles de la nuit. Elles mourraient lorsque leur coeur sera rendu trop faible par la malnutrition, par le poids trop bas. C'était ainsi que les choses devaient se passer, c'était ce qu'elles avaient décidé. Sauf que la vie est bien trop garce pour laisser les choses se dérouler comme on l'avait prévu.


Elora : Arrête d'être désolée quand tu es face à quelqu'un d'aussi pathétique
Je suis pathétique
Lys : Hm.
Elora : Oui, hm
Y'a plus rien
Lys : Je ne suis pas d'accord. Mais on s'en fout de moi.
Elora : Oui, on s'en fiche
Tu te trompes toujours sur moi
Lys : I told you.
Elora : Tu cherches toujours le bon alors qu'il y en a pas
Lys : À mes yeux, il y en a.
Elora : Je te déteste
Lys : Je sais.
Elora : Je te hais plus que tout !
Lys : C'est normal.
Elora : Qui voudrait d'une amie comme toi ?


Elora s'acharnait sur Rosa, déversait sa colère, sa haine, sans rancoeur sur le monde. Et Rosa la laissait faire, la laissait se détester tellement qu'elle essayait de faire en sorte que Rosa parte, mais Rosa n'allait pas partir parce qu'elle savait qu'Elora ne pensait rien de tout ce qu'elle disait, que ce n'était que la projection de sa propre haine d'elle-même, et la haine du monde qui ne comprenait rien. Rosa' serait toujours là. Elora finirait par se calmer et elles changeraient de sujet. Elora savait que Rosa ne partirait pas, que Rosa ne partirait jamais.

if we could only have this life for one more day

Et elle eut le plus beau des cadeaux du monde. Sa mère lui permit de manquer les cours pour une semaine pour prendre l'avion, pour s'envoler jusqu'en France, pour retrouver cet être merveilleux comptant plus que tout pour elle. Ainsi, elle put la serrer dans ses bras. Deux êtres fragiles que le temps pourrait emporter comme une vulgaire feuille lorsque l'automne assied sa domination sur la terre. Et ce fut la plus belle des semaines. La semaine la plus merveilleux. Quand, couchées toutes les deux dans l'herbe de la campagne, regardant les étoiles, Rosalind lova sa tête dans le cou d'Eloïse et lui murmura son prénom. Quand elles se retrouvèrent l'une par-dessus l'autre et que les substances se mêlant dans leur sang, les choses dérapèrent. Quand il n'y avait plus qu'elles deux, et le vide autour. Toutes deux ensembles contre le monde. Toutes deux envers le monde. Elle n'aurait jamais voulu repartir, se départir d'elle. C'était bien trop beau. Elles avaient refait le monde à leur image, inventée des constellations, elles s'étaient laissées bercer par le silence le plus complet, le plus apaisant, elles avaient existé et vécu l'espace d'un instant. El' & Lys. Jamais elles n'auraient voulu que les choses changent. « Je t'aime » Un murmure qui ne sortit jamais.
Elle s'envola de France le 28 mars.
Ce fut la dernière fois qu'elle la vit, l'entendit. Qu'elle communiqua avec elle.

if we could only turn back time

Rosalind laissa un message sur messenger à El' le 7 avril et plusieurs autres par la suite, des tonnes de message, des tonnes d'appel, mais il n'y avait plus rien que le silence qui était devenu un cruel rappel de son absence. Le coeur battait dans sa poitrine, elle déraillait, déchantait. Plus rien n'allait et ses études passaient au dernier plan. Même pas le second. Petit être qui ne sortait pas s'était alors mis à côtoyer les bars, oubliant l'effet néfaste des substances dont elle tentait de se tenir éloignée. Stupide ! Tu n'es qu'une pauvre stupide ! Mais ça change rien, n'est-ce pas ? Tu l'as toujours été, tu ne fais que le confirmer encore une fois, ça ne m'étonne vraiment pas « Ta gueule ! » Raya qui parle. Raya qui hurle. Rosalind en avait marre et elle se noyait dans l'alcool la nuit pour la faire effacer. Alcool = calories, mais elle bougeait tellement que ça n'impactait pas. Douleur. Colère. Haine. La lame s'enfonçait de plus en plus profondément et les prises se rapprochaient. Oublier. Elle se fondait dans le corps d'inconnus pour oublier sa propre identité.

everybody's thirsty drinks on me

Elle était devenue une fille de la nuit, une fille ne vivant pas le jour, seulement existant et elle tenait douloureusement le coup. Vacillant entre les études et les nuits à faire le mur pour rejoindre illégalement les bars où elle se faisait payer des drinks. Elle jouait de son corps, de cette fragilité et du noir de la boîte qui empêchait de voir les traces de cette souffrance mortelle sur sa peau. Rien n'y avait échappé. Les hanches, les bras, le ventre, les cuisses. Charcutée. Détruite physiquement et mentalement. Le corps à l'image de l'esprit et elle qui continuait, qui s'enfonçait, prenait la pelle pour creuser sa propre tombe. Pourquoi pas ? Elle ne voyait pas l'intérêt de continuer. Son corps tenait, se battait. Son coeur continuait à remplir son rôle indéfiniment.

Elle.
N'était.
Plus.
Là.

Cette certitude ancrée au plus profond du coeur de Rosa se confirma le premier mai, alors qu'elle se réveillait en panique, le coeur battant la chamade. Les cauchemars. L'image de son père qui ne la quittait pas. La douleur de sa phobie qui surgissait : elle ne supportait pas le contact physique et se l'infligeait pour étouffer, pour se punir. Se punir d'exister. Se punir de ne pas avoir été à la hauteur. De ne jamais l'avoir été. C'est tout ce que tu mérites. Son souffle était court, elle haletait. Elle attrapa instinctivement sa tablette. Pour lui écrire. Pour la harceler de message. Mais on l'a devançait. Sur ce groupe "pro ana", un message : vous avez su ce qui est arrivé à Elora ? Son coeur s'est arrêté.
Non.
Non.
Non.
Elle refusait de l'accepter. Elora ne pouvait pas être morte. Elora ne pouvait pas être partie. Elora ne pouvait pas. Elle avait pas le droit !


Lys : Non. Ce n'est pas vrai. NON. Je t'interdis de dire ça ! Elle est pas morte ! Tu mens. Tu mens. TU MENS. Vous mentez tous ! Je vous déteste, je vous déteste ! Vous avez pas le droit de mentir comme ça, vous voulez juste me faire du mal ! JE VOUS HAIS.


Les larmes ravageant ses jours, le coeur qui ne se calmait pas et sa respiration accélérant. Rosa' ne voulait rien savoir. La colère brûlait dans ses veines. Elle les détestait, elle les haissait. Elle voulait les voir mortes. Elles avaient pas le droit de lui dire que sa petite étoile était morte, c'était du grand n'importe quoi, et en plus on lui disait qu'elle avait choisi de mourir. Non, mais, elles mentaient. Et Rosa' en avait marre, elle les détestait et elle quitta le groupe, la rage à la gorge. Elles étaient de la merde, de la grosse merde et elle ne voulait plus rien savoir d'elles. C'était du grand n'importe quoi. Cette colère vibrante. Rosalind voyait même rouge. Et elle serra ses poings pour ne pas avoir la tablette à l'autre bout de la pièce quand le réveil sonna. Il fallait qu'elle s'habille. Il fallait qu'elle se prépare. Elle tremblait. De rage. De haine. Elle finit par le faire et partit à l'heure. 6h47. Pas une minute de plus ou de moins.

Ce fut pendant le trajet que le monde s'écroula sous ses pieds, que la douleur remplaça la rage, et qu'elle tomba, craqua. Respiration haletante et les larmes qui refusaient de cesser de couler. Elle ne pouvait pas être seule de nouveau... elle refusait.

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